‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 56 sur 206 · LES PARQUES · texte numérisé non relu

LES PARQUES

Air: Elle aime à pire, «U« aime à boire.

Sages et fous , gueux et monarques ,

Apprenea un fait tout nouyeau :

Bacchus a vidé son caveau

Pour remplir la coupe des Parques.

C'est afin de plaire aux Amours ,

Qui chantaient d'une voix sonore :

(( Que tout mortel ajoute encore

» Des jours heureux à ses beaux jours ! »

Du monde étemelle ennemie , Atropos, au fatal ciseau , Buvant à longs traits , et sans eau , Sur la table tombe endormie ^ Mais ses deux sœurs filent toujours , Souriant à qui les implore.

Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours !

ii6 ' Lachésis , remplissant sa tasse , S'écrie : Àtropos dort enfin !

Mais trop sec , hélas ! et trop fin , Je crains qne mon fil ne se casse.

Pour le tremper ayons recours À ce nectar qui me restaure.

Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours!

Garnissant sa quenomlie immense ,

Glotho lui dit : Oui , traraillons ;

De vin arrosons les sillons

Où de mon lin croît la semence : ^

Cette rosée aura toujours

Le pouvoir de la faire éclore.

Que tout mortel ajoute encore

Des jours heureux à ses beaux jours !

Quand ces Parques , vidant bouteille, Filent nos jours sans nul souci ,

Nous , qui buvons gaîment ici , Craignons qu' Atropos ne s'éveille.

Qu'elle dorme au gré des Amours , Et répétons à chaque aurore :

Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours !

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