JEANNETTE
Fi ! des coquettes maniérées !
Fi ! des bégueules du grand ton !
Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette , ma Jeanneton.
i48 Jeune , gentille et bien faite, Elle est fraiclie et rondelette, Son œil noir est pétillant.
Fnide8,Ton8 dites sans cesse Qu'elle a le sein trop saillant :
C'est pour ma main qui Je presse Un défaut bien attrayant.
Fi ! des coquettes maniérées !
Fi ! des bégueules du grand ton ! . Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.
Tout son charme est dans la grâce.
Jamais rien ne Pembarrasse ;
Elle est bonne et toujours rit.
Elle dit mainte sottise ,
A parler jamais n'apprit :
Et cependant, quoi qu'on dise ,
Ma Jeannette a de l'esprit.
Fi ! des coquettes maniérées !
Fi ! des bégueules du grand ton !
Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.
A table dans une fête , Cette espiègle me tient tète Pour les propos libertins.
Elle a la voix juste et pure , Sait les plus joyeux refrains ; Quandje l'en prie, el|e jure ; Elle boit de tous les vins.
'49 Fi ! des coquettes maniérées !
Fi ! des bégueules du grand ton !
Je préfère i ces mijaurées Ma Jeannette , ma Jeanneton.
Belle d'amour et de joie, Jamais d'une riche soie Son corsage u'est paré.
Sous une toile proprette Son triomphe est assuré ; Et, sans nuire à sa toilette, Je la chijSbnne à mon gré.
Fi ! des coquettes maniérées I Fi ! des bégueules du grand ton!
Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette , ma jeanneton.
La nuit tout me fayozise^
Point de Toile qui me nuise
Point d'inutiles soupirs.
Pes deux mains et de la bouche
Elle attise les désirs ,
Et rompit vingt fois sa couche
Dans Pardeur de nos plaisirs.
Fi ! des coquettes maniérées !
Fi ! des bégueules du grand ton !
Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.
i5o ON S'EN FICHE.
Air : Le fleuve d'oubli.
De traverse en traverse, Tout va dans l'univers
De travers.
Toute femme est perverse , Tout traiteur exigeant
Pour l'argent.
À tout jeu le sort nous triche ; Mais enfin est-on gris ,
Biribi , On s'en ficbe ! (ter.)
Désespoir d'un ivrogne , Tient un marcband maudit
Qui vous dit Qu'en Champagne , en Bourgogne , Les coteaux sont grêlés
Et gelés.
À tout jeu le sort nous triche \ Mais enfin est-on gris ,
Biribi, On s'en fiche ! {ter.)
Oubliez une dette ,
Chez vous entre un huissier
Bien grossier, Qui vend table et couchette ,
i5i Et tToure encor de quoi Pour le roi.
A tout jeu le tort nous triche :
Hais enfin est-on gris , Biribi , On s'en ficlie !(/«•.) •
Aucun plaisir n'est stable :
Four boire est-on assis
Cinq ou six ; Avant TOUS sous la table Tombent deux , trois amis
Endormis.
A tout jeu le sort nous tric|ie y
Mais enfin 'est-on gris,
Biribi , Ons'enficbe!(/«r.)
C'est trop d'une maîtresse :
Que je fus malheureux
Avec deux!
Que j'eus peu de sagesse D'en avoir jusqu'à trois
A la fois!
A tout jeu le sort nous triche ; Mais enfin est-on gris ,
Biribi , On s'en fiche ! {ter,)
De ma misanthropie Pardonnez les accès El l'excès j
Car je craios U pépie , Et je ne toïs qu'abus Et Tins bus.
A tout jeu le sort nous tricbe ^ Mais enfin est-on gris , Biribi, On s'en fiche ! {ter,)