‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 71 sur 206 · JEANNETTE · texte numérisé non relu

JEANNETTE

Fi ! des coquettes maniérées !

Fi ! des bégueules du grand ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette , ma Jeanneton.

i48 Jeune , gentille et bien faite, Elle est fraiclie et rondelette, Son œil noir est pétillant.

Fnide8,Ton8 dites sans cesse Qu'elle a le sein trop saillant :

C'est pour ma main qui Je presse Un défaut bien attrayant.

Fi ! des coquettes maniérées !

Fi ! des bégueules du grand ton ! . Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

Tout son charme est dans la grâce.

Jamais rien ne Pembarrasse ;

Elle est bonne et toujours rit.

Elle dit mainte sottise ,

A parler jamais n'apprit :

Et cependant, quoi qu'on dise ,

Ma Jeannette a de l'esprit.

Fi ! des coquettes maniérées !

Fi ! des bégueules du grand ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

A table dans une fête , Cette espiègle me tient tète Pour les propos libertins.

Elle a la voix juste et pure , Sait les plus joyeux refrains ; Quandje l'en prie, el|e jure ; Elle boit de tous les vins.

'49 Fi ! des coquettes maniérées !

Fi ! des bégueules du grand ton !

Je préfère i ces mijaurées Ma Jeannette , ma Jeanneton.

Belle d'amour et de joie, Jamais d'une riche soie Son corsage u'est paré.

Sous une toile proprette Son triomphe est assuré ; Et, sans nuire à sa toilette, Je la chijSbnne à mon gré.

Fi ! des coquettes maniérées I Fi ! des bégueules du grand ton!

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette , ma jeanneton.

La nuit tout me fayozise^

Point de Toile qui me nuise

Point d'inutiles soupirs.

Pes deux mains et de la bouche

Elle attise les désirs ,

Et rompit vingt fois sa couche

Dans Pardeur de nos plaisirs.

Fi ! des coquettes maniérées !

Fi ! des bégueules du grand ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

i5o ON S'EN FICHE.

Air : Le fleuve d'oubli.

De traverse en traverse, Tout va dans l'univers

De travers.

Toute femme est perverse , Tout traiteur exigeant

Pour l'argent.

À tout jeu le sort nous triche ; Mais enfin est-on gris ,

Biribi , On s'en ficbe ! (ter.)

Désespoir d'un ivrogne , Tient un marcband maudit

Qui vous dit Qu'en Champagne , en Bourgogne , Les coteaux sont grêlés

Et gelés.

À tout jeu le sort nous triche \ Mais enfin est-on gris ,

Biribi, On s'en fiche ! {ter.)

Oubliez une dette ,

Chez vous entre un huissier

Bien grossier, Qui vend table et couchette ,

i5i Et tToure encor de quoi Pour le roi.

A tout jeu le tort nous triche :

Hais enfin est-on gris , Biribi , On s'en ficlie !(/«•.) •

Aucun plaisir n'est stable :

Four boire est-on assis

Cinq ou six ; Avant TOUS sous la table Tombent deux , trois amis

Endormis.

A tout jeu le sort nous tric|ie y

Mais enfin 'est-on gris,

Biribi , Ons'enficbe!(/«r.)

C'est trop d'une maîtresse :

Que je fus malheureux

Avec deux!

Que j'eus peu de sagesse D'en avoir jusqu'à trois

A la fois!

A tout jeu le sort nous triche ; Mais enfin est-on gris ,

Biribi , On s'en fiche ! {ter,)

De ma misanthropie Pardonnez les accès El l'excès j

Car je craios U pépie , Et je ne toïs qu'abus Et Tins bus.

A tout jeu le sort nous tricbe ^ Mais enfin est-on gris , Biribi, On s'en fiche ! {ter,)

Page 1