‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 72 sur 206 · LB JOUR DB SA FETE · texte numérisé non relu

LB JOUR DB SA FETE

(ANNisiSia.)

Jir du ballet des Pierrots.

Je viens d' Montmartre avec ma bête

Pour fêter ce maître malin ,

Et n' crains point qu'au milieu d' la fête

Un bon mot m' renvoie au moulin.

On dit qu'avec plus d'un génie

Antoin' prend plaisir à cela.

Nous qui n' somm's pas d' l'Académie,

Soubaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.

Il n' s'en tient pas à des saillies ; Dans plus d'un genre il est heureux.

J' sois mém' c(a'il fait dea tragédies ,

Qaand il n'est pas trop paresseux*.

De la Mer^pomèse idolâtre ,

Qu'il fass' mourir par-ci , par-là.

Nous qui n' somm's pas d' z'héros d'tkéftre,

Soubaitons-lui d' cespHits plaisirs-là.

On m'assur' qu'il vient d' faire un livre Où c' qu'y a du bon : je l' crois bien. G'docteur-là nous enseigne à vivre Par la boucb' d'un arbre ou d'un cbien. À messieurs les Policbinelles *\ Il dit : Tous en voulez , en v'ià.

Nous , qui n' tenons pas les ficelles , Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.

À la cour il s' moqu'rait , je 1' gage ,

Mém' de messieurs les chambellans.

De c' pays n'ayant pas l' langage,

n vaut' la paix aux conquéran$.

À d^grands seigneurs qui n'sont pas minces,

Sans ramper toujours il parla.

Nous , qu'on n'a pas encor faits princes,

Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.

* Je crois inutile de rappeler ici les succès dramatiques de l'auteur de Marius , des Féni' tiens y etc.

** Polichinelle est le héros d'une des plus jolies fables du recueil de M. Arnanlt , recueil apprécié par tous les gens de goût, et dont la réputation ne peut qu^Uer en augmentant.

i54 Mais , quoiq[a'mali]i , z^il est bonhomme ; Demandez à sa fille , à ses fils.

Àh ! qu^il soit toujours aimé comme n aime ses nombreux amis !

QueF secret d^ son bonheur suprême Reste à cHe gross* maman que VU.

Nous qui sommes d' ceux qu'Antoine aime, Souhaitons-lui d' ces yrais plaisirs-là.

^ Nota, On trouvera peut-être que cette cLan^ son , comme beaucoup d'autres des mtennest était peu digne de voir le jour. En effet . ]e ne la livre à l'impression que parce qu'elle m'offre l'occasion de payer un tribut d'éloges à l'un de nos littérateurs les plus distingués. Je regrette qu'elle ne soit pas meilleure, et surtout que le ton qui y règne ne m'ait pas permis d'y faire entrer l'expression de ma reconnaissance particulière pour l'homme excellent dont l'amilië me fut M long-temps utile, et me sera toujours précieuse.

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