‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 79 sur 206 · PRÉSIDENT DU CAVEAU MODERNE, ET DIRECTEUR DU VAUDEVILLE · texte numérisé non relu

PRÉSIDENT DU CAVEAU MODERNE, ET DIRECTEUR DU VAUDEVILLE

Mr de la Catacoua.

Bon Désaugiers , mon camarade ,.

Mets dans tes poches deux flacons ; Fuis rassemble, en versant rasade.

Nos auteurs piquans et féconds.

Ramène-les dans l'humble asile Où renaît le joyeux refrain.

Eh ! va ion train ,

Gai bonte-en-train!

Mets-nous en train , bien en train ) tout en train^ Et rends enfin au Tauderille Ses grelots et son tambourin.

Rends-lui , s^il se peut , le cortège Qu'à la foire il a fait bnller :

L'ombre de Panard te protège ; Tadé semble te conseiller.

Fais-nous apparaître à la file Jusqu'aux enfans de Tabarin.

Eh ! va ton train , Gai boute-en-train!

Mets-nous en train , bien en train , tous en train, Et rends enfin au Vaudeville, Ses grelots et son tambourin.

Au lieu de fades épigrammes, Qu'il aiguise un couplet gaillard :

Collé, quoi qu'en disent nos dames, Est un fort honnête égrillard.

La gaudriole qu'on exile Doit refleurir sur son terrain.

Eh ! va ton train ,

Gai bonte-en-train !

Mets-nous en train , bien en train , tous en train, Et rends enfin au Taudeyille.

Ses grelots et son tambourin.

Malgré messieurs de la police , Le Yaudeyille est né frondeur ^ Des «bus fais ton bénéfice ,

Forée les grands à la |)ttdeiir r Dénonce tout flatteur gerTil* A la gaîtê du souverain.

Eh! Ttt ton train ,

Gai houte-en-train !

Mets-nous en train , bien en train y tous en train. Et rends enfin au TaudcTille Ses grelots et son tambourin.

Sur la scène, où plus à son aise

Atcc toi Momns va siéger,

Relève la gaîtê française

A la barbe de Pétranger.

La cbanson est une arme utile

Qu^on oppose à pins d*un chagrin.

Ebî va ton train,

Gai boute-en-train î Mets-nous en train, bien en train , tous en train. Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

Verse , ami , verse donc à boire ;

Que nos chants reprennent leur cours.

Il nous faut consoler la gloire.

Il faut rassurer les amours.

Nous cultivons un champ fertile

Qui n'attend qu^un ciel plus serein.

Eh ! va ton train ,

Gai boute-en-train !

Mets-nous en train , bien en train, tons en train. Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

t6<> MA VOCATION.

Mr : Aitendes-moi sous l'orme.

Jeté SQT cette boule, Laid, chétif et son&aiit; Étouffé dans la foule, Faute d^étre assez grand ; Une plainte toucliante De ma boucte sortit ; Le bon Dieu me dit : Chante , Gbante, pauvre petit !

Lo cbar de Topulenee M^éclabonsse on passant ; Péprouye Tinsolence Du ricbe et du puissant ; De leur morgue trancbanto Rien ne nous garantit.

Le bon Dieu me dit : Cbante , €bante , pauTre petit !

D'une fie incertaine Ayant en de l'effroi , Je rampe sous la chaîne Dn plus modiqne emploi.

La liberté m'enchante , Mais j'ai grand appétit.

Le bon Dieu me dit : Chante , Chante, pauTine petit !

L'Amour , dans ma détresse, Daigna me consoler ; Mais ayec la jeunesse Je le vois s'envoler.

Près de beauté touchante Mon cœur en vain pàtit.

Le bon Dieu me dit : Chante , Chante , pauvre petit !

Chanter, ou je m'abuse , Est ma tâche ici-bas.

Tous ceux qu'ainsi j'amuse Ne m'aimeront-ils pas ?

Quand un cercle m'enchante , Quand le vin divertit, Le bon Dieu me dit : Chante , Chante, pauvre petit !

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