‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 80 sur 206 · LE VILAIN · texte numérisé non relu

LE VILAIN

(i8i5.) Mr de Ninon cbes madame de Sévigné.

Eh quoi ! j'apprends que l'on critique

Le de qui précède mon nom.

Êtes-vous de noblesse antique ?

Moi, noble ? oh ! vraiment,messienT8 ,n

Non , d'aucune chevalerie

Je n'ai le brevet sur vélin.

Je ne sais qu'aimer ma patrie... {bis. )

Je suis vilain et très-vilain... {his,)

Je mis vilain , Yilain , rilain.

Ih ! sans nn de j'aurais dû naître; Car , dans mon sang si j'ai bien lu , Jadis mes aïeux ont d'un maître Maudit le pouvoir absolu.

Ce pouvoir, sur sa vieille base, Étant la meule du moulin , Us étaient le grain qu'elle écrase.

Je suis vilain et très-vilain.

Je suis vilain ,

Yilain , vilain.

Mes aïeux , jamais dans leurs terres , S'ont vexé des serfs indigens ; Jamais leurs nobles cimeterres Dans les bois n'ont fait peur aux gens. Aucun d'eux , las de sa campagne , Ne fut transformé par Merlin En chambellan de... Cbarlemagne.

Je sais vilain et très-vilain ,

Je suis vilain ,

Yilain, vilain.

Jamais aux discordes civiles Mes braves aïeux n'ont pris part ; De l'Anglais aucun dans nos villes N'introduisit le léopard j Et quand l'église , par sa brigue , Poussait l'état vers son déoUn , Aucun d'eux n'a signé la ligue.

Je mit TiUin et très-^vilain , Je suis Tilain , Tilain , Tilain.

Laisstt-moi donc sons ma bannièfe , Tons , messieura, qui le nés an rent , Nobles par votre boutonnière , Encensez tout soleil levant.

J^honore une race commune , Car sensible , quoique malin , Je n'ai flatté que Pinfortnne.

Je suis vilain et très-vilain ,

Je suis vilain,

Vilain, vilain.

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