‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 87 sur 206 · L'HIVER · texte numérisé non relu

L'HIVER

Airt Une fille est un oiseaa.

Les oiseaux nous ont quittés ; Déjà rhiyer , qui les chasse , Étend son manteau de glace Sur nos champs et nos cités.

A mes Titres scintillantes

Il traee des fleun brillantes \ Il rend mes portes bruyantes y Et fait grelotter mon cbien.

RéTeillons , sans plus attendre , Mon feu qui dort sons la cendre.

Chauffons-nous , chauffons-nous bien.

0 Toyageur imprudent !

Retourne tcts ta famille.

J^en crois mon feu qui pétille ,

Le froid devient plus ardent.

Moi , j'en puis braver Tinjure.

Rose , en douillette , en fourrure ,

Ici , contre la froidure

Tient m'offrir un doux soutien.

Rose , tes mains sont de glace.

Sur mes genoux prends ta place ,

Chauffons-nous , chauffons-nous bien.

L'omhre s'avance , et la nuit Roule son char sur la neige.

Rose , l'amour nous protège ; C'est pour nous que le jour fuit.

Mais un couple nous arrive :

Joyeux ami , beauté vive, Entrez tous deux sans qui Tire :

Le plaisir n'y perdra rien. Moins de froid que de tendresse , Autour du feu qujbn se presse.

Chauffons-nous, chauffons-nous bien.

Les caresses ont cessé Devant la lampe indiscrète.

i87 Un festin que Rote apfiTéte , Gaîment par nous est dressé.

Notre ami s^est fait à table , D^un brigand bien redoutable Et d^un spectre épouTantoble Le fidèle bistorien.

Tandis que le punch sMlume , Beau du feu qui le consume , Chauffons-nous , chauffons-nous bien.

Sombre hiver , sous tes glaçons, EnscTelis la nature.

Ton aquilon qui murmure Ne peut troubler nos chansons.

Notre esprit , qu'amour seconde, An coin da feu crée un monde Qu'un doux ciel toujours féconde, Où s'aimer tient lieu de bien.

Que nos portes restent closes , £t, jusqu'au retour des roses , Chauffons-nous, chauffons-nous bien.

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