L'HIVER
Airt Une fille est un oiseaa.
Les oiseaux nous ont quittés ; Déjà rhiyer , qui les chasse , Étend son manteau de glace Sur nos champs et nos cités.
A mes Titres scintillantes
Il traee des fleun brillantes \ Il rend mes portes bruyantes y Et fait grelotter mon cbien.
RéTeillons , sans plus attendre , Mon feu qui dort sons la cendre.
Chauffons-nous , chauffons-nous bien.
0 Toyageur imprudent !
Retourne tcts ta famille.
J^en crois mon feu qui pétille ,
Le froid devient plus ardent.
Moi , j'en puis braver Tinjure.
Rose , en douillette , en fourrure ,
Ici , contre la froidure
Tient m'offrir un doux soutien.
Rose , tes mains sont de glace.
Sur mes genoux prends ta place ,
Chauffons-nous , chauffons-nous bien.
L'omhre s'avance , et la nuit Roule son char sur la neige.
Rose , l'amour nous protège ; C'est pour nous que le jour fuit.
Mais un couple nous arrive :
Joyeux ami , beauté vive, Entrez tous deux sans qui Tire :
Le plaisir n'y perdra rien. Moins de froid que de tendresse , Autour du feu qujbn se presse.
Chauffons-nous, chauffons-nous bien.
Les caresses ont cessé Devant la lampe indiscrète.
i87 Un festin que Rote apfiTéte , Gaîment par nous est dressé.
Notre ami s^est fait à table , D^un brigand bien redoutable Et d^un spectre épouTantoble Le fidèle bistorien.
Tandis que le punch sMlume , Beau du feu qui le consume , Chauffons-nous , chauffons-nous bien.
Sombre hiver , sous tes glaçons, EnscTelis la nature.
Ton aquilon qui murmure Ne peut troubler nos chansons.
Notre esprit , qu'amour seconde, An coin da feu crée un monde Qu'un doux ciel toujours féconde, Où s'aimer tient lieu de bien.
Que nos portes restent closes , £t, jusqu'au retour des roses , Chauffons-nous, chauffons-nous bien.