‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 88 sur 206 · MA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

MA RÉPUBLIQUE

Mr du Taodeville de la Petite GouvemaDte. ou de la Robe et des Bottes.

Pai pris goût à la république Depuis que j'ai tu tant de rois ; Je m'en fais une , et je m'applique

i88 À lai donner de bonnes lois.

On n'y commerce qne pour boire y On n'y juge qu'ayec gaité :

Ma table est tout son territoire, Sa deyise est la liberté.

Amis , prenons tous notre verre :

Le sénat' s'assemble aujourd'hui ;

D'abord, par un arrêt sévère ,

À. jamais proscrivons l'ennui.

Quoi ! proscrire ? Ab ! ce mot doit être

Inconnu dans notre cité :

Cbez nous l'ennui ne pourra naître ,

Le plaisir suit la liberté.

Du luxe dont elle est blessée La joie ici défend l'abus ; Point d'entraves à la pensée , Par ordonnance de Baccbus.

À son gré que chacun professe Le culte de sa déité ; Qu'on puisse aller même à la messe, Ainsi le veut la liberté.

La noblesse est trop abusive :

Ne parlons point de nos aïeux.

Point de titres , même au convive

Qui rit le plus , ou boit le mieux.

Et si q[uelqu'un , d'bumeur traîtresse ^

Aspirait i la royauté ,

Plongeons ce César dans l'ivresse ;

Nous sauverons la liberté.

«89 Trinqaont à notre république Pour Yoir sou destiu affermi.

Hais ce peuple si pacifique Déjà redoute un ennemi :

C'est Lisette qui nous rappelle Sous les lois de If volupté ; Elle Teut régner , elle est belle , C'en est fait de la liberté.

Page 1