‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 92 sur 206 · LE JUGE DE CHARENTON · texte numérisé non relu

LE JUGE DE CHARENTON

(novehbrb 1816.)

Air de la Cosaqui.

Un maître fou qui , dit-on , Fit jadis mainte fredaine, Des loges de Charenton S'est enfui l'autre semaine ; Gliez un juge, qui griffonnait, Il arrive et prend simarre et bonnet , Puis à Taudience , hors d'haleine, Il entre et soudain dit : Prechi , prêcha ,

Et patati , et patata , Prêtons bien Toreillc à ce discours-là.

* Il n'j a point de maovats discours que ne puisse faire oublier une action généreuse t et rien n'est plus honorable , suivant moi , c[ue la protection accordée à des infortunés placés sous le poidsd'une accusation capitale. Aussi je u'aurais pas reproduit ici cette chanson , sans l'espèce de scandale que, lors de son apparition , elle causa jusque dans les deux chambres. Mais je ne puis m'empêcher d'avouer que si j'avais

Su la condamner à l'oubli qu'elle mérite sans oute , j'en aurais toujours regretté le dernier couplet.

<( L'esprit saint soutient ma voix , 1) Et les accusés Tont rire :

» Moi , l'interprète des lois , n J'en Tiens faire la satire.

)) Nous les tenons d'un impudent I) Qui , pour s'amuser , me fit président. 1) J'ai long-temps vanté son empire , )} Mais j'étais alors payé pour cela, d

Et patati , et patata , Pouvait-on s'attendre à ce disconis-là?

u Le drame et Galimafiré » Corrompent nos cuisinières. )) En frac on voit un curé , » Et nos enfans ont trois pères.

» Le mariage est un loyer :

» On entre en octobre , on sort en janvier.

» Les cachemires adultères Il Nous donnent la peste, et ma femme en a. »

Et patati, et patata.

Il a mis de tout dans ce discours-là.

« Pour débaucher un mari * . n Que les filles ont d'adresse !

3* Sous madame Dubarry » Elles allaient à confesse.

)> Àh ! qu'enfin (et le terme est clair) , I) L'épouse et l'époux ne soient qu'une chair j

)) Et vous , qui nous tentez sans cesse , » Filles , respectes l'habit que voilà. »

Et patati , et patata , Rien n'est plus moral que ce discours-là.

(t Mais , triste effet du typhus , » Au lieu d'église on élève » Le temple du dieuPlutns, » Qui sera beau s'il s'achère.

)) Partout régnent les intrigans j M On n'interdit plus les extrayagans j

)> Ce dernier point n'est pas un réye , » Puisqu'en robe ici je dis tout cela, n

Et patati , et patata , On trouve du bon dans ce discours-là.

IlpoursuiTait sur ce ton , Quand deux bisets , sous les armes , Remmènent à Gharenton Cet orateur plein de charmes.

Néanmoins l'avocat Bêlant S'écrie : Ah! les fous ont bien du talent I

J'ai fait rire et verser des larmes ;. Mais je n'ai rien dit qui valût cela.

Et patati , et patata , C'est moi qu'on sifflait sans ce discours-là.

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