‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 93 sur 206 · LES CHAMPS · texte numérisé non relu

LES CHAMPS

jiir ; Mon amour était ponr Marie.

Rose, partons ; voici l'aurore j Quitte ces oreillers si doux.

Entends-tu la cloche sonore Marquer l'heure du rendei-vous ?

Cherchons, loin du bruit de la ville ,

»99 Poar le bonheur un sûr asile.

Tiens aux champs couler d^beureux jours ; Les cbamps ont aussi leurs amours.

Viens aux cbamps fouler la yerdure ,

Donne le bras à ton amant ,

Rapprocbons-nous de la nature

Pour nous aimer plus tendrement.

Des oiseaux la troupe éYeillée.

Nous appelle sous la feuillée.

Tiens aux cbamps couler d^beureux jours j

Les cbamps ont aussi leurs amours.

Nous prendrons les goûts du Tillage j

Le jour naissant t'éveillera ;

Le jour mourant sous le feuillage

À notre coucbe nous rendra.

Poisses-tu , maîtresse adorée ,

Te plaindre encor de sa durée !

Tiens aux cbamps couler d'beureux jours ;

Les cbamps ont aussi leurs amours.

Quand Tété vers un sol fertile Conduit des moissonneurs nombreux j Quand , près d'eux , la glaneuse agUe Gbercbe Fépi du malbeureux ^ Combien , sur les gerbes nouvelles , De baisers pris aux pastourelles !

Tiens aux cbamps couler d'beureux jours ; Les cbamps ont aussi leurs amours.

Quand des corbeilles de l'automne S'épanche à flots un doux nectiir ,

Près de la cuve qui bouillonne

On Toit s'égayer le yieillard ,

Et cet oracle du rillage

Chante les amours d^un autre âge.

Tiens aux champs couler d'heureux jours ;

Les champs ont aussi leurs amours.

Allons visiter des rivages

Que tu croiras des bords lointains.

Je verrai, sous d^épais ombrages,

Tes, pas devenir incertains.

Le désir cherche un lit de mousse ,

Le monde est loin , Pherbe est si douce !

Tiens aux champs couler d'heureux jours f

Les champs ont aussi leurs amours.

C'en est fait ! adieu , vains spectacles !

Adieu , Paris , où je me plus ,

Où les beaux-arts font des mirables ,

Où la tendresse n'en fait plus !

Rose , dérobons à l'envie

Le doux secret de notre vie.

Tiens aux champs couler d'heureux jours ;

Les champs ont aussi leurs amours.

Page 1