‹ Chansons de BérangerChapitre 101 sur 307 · L’INDÉPENDANT · texte numérisé non relu

L’INDÉPENDANT

ÂIH : Je vais bientôt quitter l'empire,

RcfpectcK mon indépendance, Esclaves de la vanilc;

(l'e»t à l'ombre de l'indigence Que j'ni trouvé la liberté, (l'is.)

Juges, aux chants qu'elle m'inspire , Quel est sur moi son ascendant! [bis.) Lisette seule a le droit de sourire * Quand je lui dis: Je suis indépendant.

Je suis, je suis indépendant.

Oui, je suis un pauvre sauvage Errant dans la société :

Et pour repousser l’esclavage Je n’ai qu’un arc et ma gafté.

Mes traits sont ceux de la satire ;

Je les lance en me défendant.

Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant , . Je suis , je suis indépendant.

Chacun rit des flatteurs du Louvre, Valets , en tout temps prosternés , Dans celte auberge qui ne s’ouvre Que pour des passants couronnes.

On rit du fou qui sur sa lyre Chante à la porte en demandant.

Liielte seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis'indépeiidatit .

Je suis , je suis indépendant.

Toute puissance est une gêne :

01)1 d^uu roi que je plains l'ennui I , C'est le conducteur de la chaîne;

Ses captifs sont plus gais que lui.

Dominer ne peut me séduire;

J'oHVe l'Amour pour répondant.

Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis ;Je suis indépendant^

Je suis, je suis indépendant.

En paix arec ma destinée,

Gaiment je poursuis mon chemin, Riche du pain de la journée,

'Et de l'espoir du lendemain.

Chaque soir, au lit qui m'attire Dieu me conduit sans accident.

Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendaut,

Je suis , je suis indépendant.

Mais quoi ! je Tois Lisette ornée De scs attraits les plus puissants,

Qui des chaînes de l'hyménée Veut charger mes bras caressants.

Voilà comme on perd un empire 1 Non, non, point d'hymen imprudent • Que toujours Lise ait le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant ; . Je suis f je suis indépeudaut. ’

Page 1