‹ Chansons de BérangerChapitre 121 sur 307 · LE PRINCE DE NAVARRE · texte numérisé non relu

LE PRINCE DE NAVARRE

OU

MATHÜRTN BRDNEAU *.

Ai» du balUt dtt PUrrots.

Quoil tu Tcux régner sur la France!

Es-tu fou, pauvre Bfalliurin?

N'échange point ton indigence Contre tout l’or d’un souterain.

Sur un trône l’ennui se carre ,

Fier d’ôtre encensé par des sots.

Croyea-nioi, prince de Navarre , Prince, faites-nous des sabots.

Des leçons que le malheur donne Tu n’as donc point tiré de fruit?

Réclamerais-tu la couronne.

Si le malheur t’avait instruit?

Cette ambition n'est point rare , Blême ailleurs que cbe» les héros.

Croyet*moi, etc.

Dans le rang que toi-même espères , Trompés par des flatteurs clliiis,

* Tout le monde se rappelle que Mathurin Bru- , reconnu pour être le üls d’un sabotier , allecuii de se donper le titre de prince de Navarre.

Que de rou le diient les pères D’enfants qui se croient orphelins!

Régner , c’est n’êlre point arare De lois, de rubans, de grands mots.

Croyet-moi, etc.

Quand tu combattrais avec gloire, Sache que plus d’un conquérant Se voit arracher la victoire Par un général ignorant.

Un Anglais, aidé d’un Tartare, Foule aux pieds de nobles drapeaux.

Croyex-moi, etc.

Combien d’agents illégitimes Servent la légitimité !

Trop tard sur les malheurs de Nîmes On éclairerait ta bonté.

Le roi qu’au Pont-Neuf on répare Parle en vain pour les huguenote.

Croyex-moi, etc.

De tes maux quel serait le terme ,

Si quelques alliés sans foi Prétendaient que tu tiens à ferme Le trône que tu dis à toi ?

De jour en jour leur ligue avare Augmenterait le prix des baux.

Crnyez-inoi , etc.

Enfin, pourrais-tu sans scrupule.

Graissant la patte au Saint-Esprit, Faire un concordat ridicule

Arec ton père en Jésus-Christ?

Pour lui redorer sa tiare.

Tu nous aurcbargeraif d’impdts.

Croyes-moi, etc.

D'ailleura ton métier nous arrange , Nos amis uous ont fait capot* - C'est pour que l'étranger la mange Que nous mettons la poule au pot.

De nos souliers même on s'entpare • Après aroir pris nos manteaux. Croyes-moi, prince de Navarre, Prince, faites-nous des sabots.

#s»s»eeeeeee»se9»«we«»s»oeo»fr»e»o»eas»

LES CINQUANTE ËCUS.

Aia : Vartin est un fori bêau gmrçnm,

Grèce à Dieu , je suis héritier !

Le métier De rentier

Me sied et m'enchante.

Travailler serait un abus :

J'ai cinquante éous^

J'ai cinquante érus,

J'ai cinquante écus de rente.

Mes amis , la terre est à moi.

J'ai de quoi Vivre en roi Si l'éclat me tente.

Let honneurs me sont dérolusi J’ai ciuquaule écus, etc.

Pour user des droits d*un richard Sans retard»

Sur un char De forme élégante »

Fuyons mes créanciers confus.

J^ai cinquante écus , eic.

Adieu, Surêne et ses coteaux!

Le bordeaux,

Le mursaulx,

L’a! que l’on chante ,

Vont donc enfin m’être coiinus 1 J’ai cinquante écus , etc.

Parex-Tous, Lise, mes amours,

Des atours Que toujours La richesse invente;

Le clinquant ne vous convicntplus:

J*ai cinquante écus , etc.

Pour mes hôtes tous que je prends Amis francs.

Vieux parents»

Sœur jeune et fringante,

Soyex logés, nourris, vêtus;

J’ai cinquante écus» etc.

Amis , bons vins » loisirs, amours»

Pour huit jours,

Des plus courts»

Coniblet n»6n attente ;• Le fonds suivra les revenus.

J'ai cinquante écus»

J'ai cinquante écus,

J*ai cinquante écus de renie.

naaa*X

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