‹ Chansons de BérangerChapitre 143 sur 307 · LE BON DIEU · texte numérisé non relu

LE BON DIEU

Am : Tout le long de la rivière.

Un jour le bon Dieu, «'éTeillant,

Fut pour nous assez bieiiTeillant,

11 met le nez à la fenêtre :

c Leur planète a péri peut-être. ■

Dieu dit, et l’aperçoit bien loin ,

Qui tourne dans un petit coin.

Si je conçois comment on s'y comporte.

Je veux bien , dit-il, que le diable m’emporte Je veux bien que le diable m’emporte.

Blancs ou noirs, gelés ou rôtis.

Mortels que j’ai faits si petits, .

Dit le bon Dieu d'un air paterne ,

On prétend que je tous gourernei Mais TOUS devez voir. Dieu merci,

Que j’ai des ministres aussi.

Si je n’en mets deux ou trois à la porte.

Je feux, mes enfants, que le diable m’emporte. Je feux bien que le diable m'emporte.

Poiir vivre en paix , vous ai-je en vain Donné des Glles ét du vin?

A ma barbe , quoi 1 des pygmées , M’appelant le dieu des armées.

Osent , en invoCfuant mon nom.

Vous tirer des coups de canon !

Si j’ai jamais conduit une cohorte,

le veux y mes enfants, que le diable m'emporte' le veux bien que le diable m’emporte.

Que font ces nains si bien parés Sur des trônes à clous doré»?

Le front huilé , l’humeur altière Ces chefs de Toire fourmilière Disent que j'ai béni leurs droits.

Et que par ma grâce ils sont rois.

Si c'est par moi qu'ils régnent de la sorte , le veux, mes enfants, que le diable m’emporte Je veux bien que le diable m’emporte.

Je nourris d’autres nains tout noirs Dont mon nez craint les encensoirs.

Ils font de la vie un carême ,

En mon nom lancent l'anatbème,

Dans des sermons fort beaux , ma foi.

Mais qui sont de l’hébreu pour moi.

Si je crois rien de ce qu’on y rapporte ,

Je veux, mes enfants, que le diable m’emporte , Je veux bien que le diable m’emporte.

Enfants, ne m'en veuillez donc plus:

Les bons cœurs seront mes élus.

Sans que pour cela je vous noie.

Faites l’amour, vivez en joie ;

Narguez vos grands et vos cafards.

Adieu , car je crains les mouchards.

A ces gens-là si j’ouvre un jour ma porte, le veux , mes enfants, que le diable m’emporte, Je veux bien que le diable'ro’cmporte.

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