‹ Chansons de BérangerChapitre 144 sur 307 · LE VIEUX DRAPEAU · texte numérisé non relu

LE VIEUX DRAPEAU

Âit : Elu aîmg h rite , elle aime à boire.

De mes rieux compagnons de gloire Je viens de me voir entouré.

Nos souvenirs m'ont enivré:

Le vin m’a rendu la mémoire;

Fier de mes exploits et des leurs ,

J'ai mon drapeau dans ma chaumière.

Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?

Il est caché sous l'humble paille Où je dors pauvre et mutilé :

Lui qui, sûr de vaincre, a volé Vingt ans de bataille en bataille!

Chargé de lauriers et de fleurs ^

Il brilla sur l'Europe entière.

Quand secoûrai*je la poussière Qui ternit ses uobles.couleurs?

Ce drapeau payait à la France Tout le sang qu’il nous a coûté.

Sur le sein de la liberté.

Nos fils jouaient avec sa lance.

Qu’il prouve encore aux oppresseurs Combien U gloire est roturière.

Quand iecoûraî*je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs?

Son aigle est resté dans la poudre.

Fatigué de loinUins exploits.

Rendons-lui le coq des Gaulois;

Il sut aussi lancer la fpudre.

La France, oubliant ses douleurs,

Le rebénira , libre et Hère.

Quand secoûrai*je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs?.

Las d’errer arec la Victoire ,

Des lois il deviendra l’appui.

Chaque soldat fut , grâce à lui ,

Citoyen au bord de la Loire.

Seul il peut voiler nos malheurs; Déployonsde sur' la frontière;

Quand secoûrai>je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs?

Mais il est là près de mes armes;

Un instant, osons l'entrevoir.

Viens , mon drapeau 1 riens, mon espoir! C’est à toi d’essuyer mes larmes.

D'un guerrier qui verse des pleurs Le ciel entendra la prière :

Oui , je secoûrai la poussière Qui ternit tes nobles couleurs. '

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