‹ Chansons de BérangerChapitre 154 sur 307 · LA MORT DE TRESTAILLON · texte numérisé non relu

LA MORT DE TRESTAILLON

Air de toutes les complaintes.

Venez tous , bons catholiques ,

Jésuites grands et petits.

Et TOUS, nouTeaux conrertis.

Vous-, nos meilleures pratiquef,

Venez dire un in pace - Pour un héros trépassé.

Béuissons tous la mémoire De monsieur de TrestaiUou*

De la restauration

Lui seul ayant fait la gloire ,

Sa mort, vrai malheur public ,

Est un fâcheux pronostic.

Portefaix cité dans Nioiet Pour sa douce piété ,

D*assassin il fut traité Par de brutales victimes,

Quand son bras sur tel ou tel Vengea le trône et Tautel*

Souvent ivre de rogomme.

Ou surprit en mauvais lieu ,

Pour rester pur devant Dieu ,

Tous les huit jours ce digne homme Communiait saintement,

Soit i jeun , soit autrement .

Fort de sa cocarde blanche,

A. tuer des protestants Il consacrait tout son temps ,

Sans excepter le dimanche;

Car il s'était procuré Des dispenses du curé.

Miracle! en vain il s’amuse A massacrer en plein jour;

Traduit devant une cour,

Aucun témoin ne l'accuse.

Les juges au prévenu Disent : Ni vu ni connu.

Riche alors de mainte somme

Qui lui Tenait de bien haut»

Il buvail frais au temps chaud, Yifaiiten bon geutiiboinnie ,

Et chacun avait grand soin De le saluer de loin.

Mais la mort rien ne respecte { Elle vient nous le ravir,

Quand il pouvait uous servir Contre tous ceux qu’oii suspecte.

Il meurt en disant : Corbleu!

J'aurais été cordon bleu.

Des nobles portent sa bière;

Nos magistrats sont en deuil;

Le clergé , la larme à l*œil , Marche avec croix et bannière.

Ainsi l’on ne dira pas Que les prêtres sont ingrats.

On vient d'écrire au Saint-Père Pour qu’il soit canonisé.

Quoique ce soit bien usé,

Dans peu l’on verra, j’espère , Nos loups, chassant les brebis.

Lui dire: Ora pronobu.

En attendant ses reliques Qu’à Mont-Rouge on bénira,

Ses exploits on donnera En exemple aux catholiques,

AGii que sans examen Chacun d’eux limite. ./tn«n.

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