‹ Chansons de BérangerChapitre 153 sur 307 · LE CINQ MAI · texte numérisé non relu

LE CINQ MAI

An : Muse des boit et det accorde champStret,

Des Espagnols m'ont pris sur leur navire ,

Aux bords lointains où tristement j’errais Humble débris d’un héroïque empire,

J’avais dans l’Inde exilé mes regrets.

Mais loin du Cap , après cinq ans d’absence , Sous le soleil , je vogue plus joyeux.

Pauvre soldat, je reverrai la France;

La main d’un Gis me fermera les yeux.

Dieu ! le pilote a crié : Sainte-Hélène !

Et voilà donc où languit le héros !

Bons Espagnols, là s'éteint votre haine;

Nous maudissons ses fers et ses bourreaux.

Je ne puis rien , rien pour sa délivrance;

Le temps n’est plus des trépas glorieux 1 Pauvre soldat, etc.

Peut-être il dort, ce boulet iovincible Qui fracassa vingt trônes à la fois.

Ne peut- il pas, se relevant terrible,

Aller monrir sur la tête des rois?

Ah! ce rocher repousse l’espérance ;

L’aigle n*est plus dans le secret des dieux. Pauvre soldai , etc.

Il fatiguait la Victoire à le suivre ;

Elle était lasse: il ne l’attendit pas.

Trahi deux fois , ce grand homme a su vivre : Mais quels serpents enveloppent ses pasl De tout laurier un poison est l’essence :

La mort couronne un front victorieux.

Pauvre soldat, ete.

Dès qu’ou signale une nef vagabonde , iSerait-ce lui? disent les potentats :

> Vient-il encor redemander le monde?

■ Armons soudain deux millions de soldats.» Et lui, peut-être, accablé de souffrance,

A la patrie adresse ses adieux.

Pauvre soldat , etc.

Grand de génie et grand de caractère.

Pourquoi du sceptre arma-t-il son orgueil? Bien au-dessus des trônes de la terre ,

Il apparaît brillant sur cet écueil.

Sa gloire est là , comme le phare immense

D’nn nouveau monde et d’un monde trop vieux Pauvre soldat, ete.

fions Espagnols, que voit-on au rivage?

Un drapeau noir! Âh! grands dieux! je frémis! Quoi! lui, mourir! 6 gloire ! quel veuvage! Autour de moi pleurent ses ennemis.

Loin de ce roc nous fuyons en silenee L’astre du jour abandonne les cieux.

Pauvre soldat, je reverrai la France:

La main d'un (Us me fermera les yeux.

NABÜCHODONOSOR.

Aia ds CalpîgU

Puiser dans la Bible est de mode, Prenons-y le sujet d’une ode.

Je ebante un roi devenu bœuf;

Aux anciens le Irait parut ueuf: (éis.) Surtout la cour en fut aux anges.

Et les brocanteurs de louanges llépétaient sur les harpes d’or :

Gloire à Nabucbodonosor !

Le roi beugle : eh ! vivent les eornea't Sire, quitter ces regards mornes , Lui disaient les amis du lien ;

En Égypte vous sériés dieu.

Pour fouler aux pieds le Tulgaîre, Homme ou bœuf, il n'importe guère Képélons sur nos harpes d’or:

Gloire à Nabucliodonosor !

Le roi se Ot à son étable:

A sa manière il tenait table.

Et crut régner en burent frais.

Les sots lui prêtaient d'heureux traits. On lit dans une dédicace ,

Qu’en latin il citait Horace, llépétons sur nos harpes d’or :

Gloire à Nabuchodonosor!

Ün journal , écrit par des cuistres»

Annonce qu’avec ses ministres Tel jour le prince a travaillé Sans dormir, quoiqu'il ait bâillé.

La cour s’écrie ; O temps prospère I Ce n’est pas un roi , c’est un père.

Répétons sur nos harpes d’or:

Gloire à Nabuchodonosor!

Il hume tout l’enccns des mages ,

Mais paye un peu cher leurs hommages.

Prêtres et grands veulent d'un coup Rendre au peuple bât et licou.

Même , si l’histoire en est crue ,

Le roi s’attelle à leur charrue.

Répétons sur nos harpes d’or:

Gloire à Nabuchodonosor 1

Le peuple indigné prend un maître

D'autre espèce, pire peut-être.

Vite les courtisans ingrats Du roi déchu fout un bœuf gras.

Et sans remords, le clergé même S'en régale tout le carême.

Répétons sur nos harpes d'or :

Gloire à Nabuchodonosor!

Bardes que la cassette inspire ,

Tragiques à mourir de rire ,

Traitez mon sujet, il plaira -,

La censure le permettra.

Oui, parfumeurs de la couronne ,

La Bible à quelque chose est bonue.

Répétez sur vos harpes d’or :

Gloire à Nabuchodonosor I

Page 1