‹ Chansons de BérangerChapitre 160 sur 307 · ADIEUX A LA CAMPAGNE · texte numérisé non relu

ADIEUX A LA CAMPAGNE

f Celte chanson, faite dans le mois de norembre 1821 , fut copiée et distribuée au tribunal le jour de mu condamnation. )

Al a : Muse des bois et des accords chant pitres.

Soleil si doux , au déclin de l’automne.

Arbres jaunis , je viens vous voir encor.

N'esperons plus que la haine pardonne A mes chansons leur trop rapide essor.

Dans cet asile, où reviendra Zephire,

J’ai tout rêvé, même un nom glorieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire:

Echo des bois, répétez mes adieux.

Comme l’oiseau libre sous la fcuilléc.

Que n’ai-je ici laisse mourir mes chants!

Mais de grandeurs la France dépouillée Courbait son front sous le joug des méchants.

Je leur lançai les traits de la satire ,

Pour mon bonheur l’amour m’inspirait mieux. Ciel vaste et pur, etc.

Déjà leur rage atteint mon indigence*;

Au tribunal ils traînent ma gaîté ;

D'un masque saint Us couvrent leur vengeance. Rongiraicnt-Us devant ma probité?

Ah I Dieu n'a point leur cœur pour me maudire ; L’Intolérunce est fille des faux dieux.

Ciel vaste et pur, etc.

Sur des tombeaux si j'évoque la Gloire ,

Si j*ai prié pour d'illustres soldats ,

Ai-je , à prix d’or, aux pieds de la Victoire, Encouragé le meurtre des États?

Ce n'clait point le soleil de l’empire Qu'à son lever je chantais dans ces lieux.

Ciel vaste et pur , etc.

Que dans l'espoir d'humilicr ma vie,

Bellart s'amuse à mesurer mes fers;

Blême aux regards de la France asservie Un noir cachot peut illustrer mes vers.

A scs barreaux je suspendrai ma lyre ;

La Renommée y jettera les yeux.

Ciel vaste et pur, etc.

Sur ma prison vienne au moins Pbilomèlel Jadis un roi causa tous ses malheurs.

Partons : j’entends le geôlier qui m’appelle.

* Lorsque mon recueil parut, on m’a assuré que ce fut le ministère qui força les membres du consi-il de l’Dniversilé de m’ôter le modique emploi d’expéditionnaire que j'occupais depuis douze ans.

Adieu les champs, les eaux, les prés, les fleuri. Mes fers sont prêts ; la liberté m’inspire |

Je vais chanter son hymne glorieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire; Écho des bois, répètes mes adieux.

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