‹ Chansons de BérangerChapitre 166 sur 307 · L’ÉPITAPHE DE LA MUSE · texte numérisé non relu

L’ÉPITAPHE DE LA MUSE

(SAINTE-PÉLAGIE

Air Ninon ehsi madame de Sivigné»

Venez tous , pauants > venez lire L’épiiapbe que je me fais.

J*ai chanté l’amoureuz délire.

Le tin, 1a France et ses hauts faits.

J*ai plaint les peuples qu'on abuse-,

J*ai cbansonné les gens du roi :

Béranger m’appelait sa muse, (éts.)

Pauvres pécheurs, priez pour moil (éw.)

Pries pour moi ! priez pour moi !

Grâce à moi, quMl rendit moins folle.

D'être gueux il se consolait.

Lui qui des muses de l'école N’avaitjamais sucé le lait.

Il grelottait dans sa coquille.

Quand d’un luth je lui 6s l’octroi*

De fleurs j’ai garni sa mandille.

Pauvres pécheurs , priez pour moi !

Je l'ai rendu cher au courage Dout il adoucit le malheur.

En amour il fut mon ouvrage ,

J’ai pipé pour cet oiseleur.

A lui plus d'un cœur vint se rendre.

Mais les oiseaux en feront foi :

J'ai fourni la glu pour les prendre.

Pauvres pécheurs, prie* pour moi !

Un serpent... (Dieu ! ce mol rappelle Màrchangy qui rampa vingt ansi )

Un serpent qui fuit peau nouvelle Dés que brille un nouveau printemps.

Fond sur nous , triomphe et nous livre Aux 1ers dont on pare la loi.

Sans liberté je ne peux vivre.

Pauvres pécheurs, priez pour moi 1

Malgré iVJoquence sublime De Dupin, qui pour nous parla, N^ayant pu mordre sur la lime,

. Le hideux serpent l’aViiIa.

Or, je trépasse, et, mieux instruite, ‘ Je vois l’enfer avec elfroi :

Hier, Satan s’est fait jésuite.

Pauvres pécheurs, priez pour moi !

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