‹ Chansons de BérangerChapitre 179 sur 307 · L’ÉPÉE DE DAMOCLÈS · texte numérisé non relu

L’ÉPÉE DE DAMOCLÈS

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De Damoclès l'épée est bien connue ;

£n aoiige , à table, il m’a semblé la foir.

Soui cette épée et menaçante et nue,

Denys l'ancien me forçait à ni’aasfioir. (éii.) le m'écriaia : Que mon destin s’achère,

La coupe en main, au doux bruit des concerts. (6. O vieux Denys, je me ris de ton glaive* , •

Je bois, je chante , et je siffle tes vers. Utit.)

Servex, disais-je à messieurs de la bonchet Yersexl versez ! messieurs du gobelet.

Malheur d'autrui n'est point ce qui te touche, Denys ; sur moi fais donc vite un couplet.

Ton Apollon à nos larmes fait trêve:

Il nous égaye au sein d'affreux revers.

O vieux Denys, etc.

Puisqu’à rimer sans remords tu t’amuses,

De la patrie écoute un peu la voix :

Elle est, crois-moi , la première des Muses,

Mais rarement elle inspire les rois.

Du frêle arbuste où bout sa noble sève ,

La moindre fleur parfume au loin les airs O vieux Denys , etc.

Tu crois du Pinde avoir conquis la gloire. Quand ses lauriers, de la foudre encor chauds. Vont, à prix d’or, te cacher à l’histoire.

Ou balayer la fange des cachots.

* Denys l’ancien , tyran de Syracuse, était, comme on sait, un métromane déterminé : il envoyait aux carrières ceux qui ne trouvaient pas ses vers bons. Quant à l’hisloire du festin de Damoclès , elle est trop connue pour qu’il soit besoin de la rapporter ici.

Mais t i ton nom, Clio , qui se soulève Sur ton cercueil viendra peser nos fers.

O vieux Denys, etc.

Que du mépris la haine au moins me sanve,

Dit ce bon roi, qui rompt un fil léger :

Le fer pesant tombe sur mon front chauve; J'entends ces mots: Denyssait se venger.

Me voilà mort, et, poursuivant mon rêve,

La coupe en main , je répète aux enfers ;

O vieux Denys, je me ris de Ion glaive.

Je bois , je chante, et je siffle tes vers.

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