‹ Chansons de BérangerChapitre 181 sur 307 · LE VIOLON BRISÉ · texte numérisé non relu

LE VIOLON BRISÉ

Air : Je regardait Madelinette.

Viens , mon chien, viens, ma pauvre béte: Mange malgré mon désespoir.

II me reste un gâteau de fête;

Demain nous aurons du pain noir, (éti..

Les étrangers, vainqueurs par ruse.

M'ont dit Lier dans ce vallon:

Fais-nous danser! Moi, je refuse;

L’un d’eux brise mon violon.

C’était l’orcbesirc du village.

Plus de fêtes! plus d'heureux jours!

Qui fera danser sous l’ombrage ?

Qui réveillera les anunirs ?

Sa corde vivement pressée ,

Dès l'aurore d’un jour bien doux , Annonçait à la fiancée Le cortège du jeune époux.

Aux curés qui l’osaient entendre Nos danses causaient moins d'effroi.

La galté qu'il savait répandre Eût déridé le front d'un roi.

S'il préluda, dans notre gloire,

Auxcbanis qu’elle nous inspirait,

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Sur lui jamais pooniis*je croire Que l’étranger le rengerait?

Viens, mon oliien, riens, ma paurre béte; Mange malgré mon désespoir.

Il me reste un gâteau de fête {

Demain nous aurons du pain noir.

Combien sous l*orme ou dans la grange Le dimanche ra sembler long!

Dieu bénira>t-il la reiidange Qu*on ouvrira sans violon ?

Il délassait des longs ouvrages ,

Du pauvre étourdissait les maux :

Des grands, des impôts, des orages,

Lui seul consolait nos hameaux.

Les haines, il les faisait taire;

Les pleurs amers , il les séchait.

Jamais sceptre n’a fait sur terre Autant de bien que mon archet.

Mais l'ennemi qu'il faut qu'on chasse

M’a rendu le courage aisé.

Qu'en mes mains un mousquet remplace

Le violon qu’il a brisé.

Tant d'amis dont je me sépare Diront un jour , si je péris :

TI n’a point voulu qu'un barbare Dans&l galment sur nos débris.

iOO

Vient , mon chien , Tient, ma pauvre bète; Mange malgré mon désespoir, fl me reste un gâteau de fête ;

Demain nous aurons du pain noir.

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