‹ Chansons de BérangerChapitre 197 sur 307 · LE FILS DU PAPE · texte numérisé non relu

LE FILS DU PAPE

Am : Lison dormait dan» la prairie

Ma mère, quittez la besace.

Le pape avec vous a couché:

Je cours lui rappeler en face Qu'il fut un moine débaiirbé.

Quoique soldat , il va , j’espère ,

Me créer cardinal neveu.

Ab! ventrebleu I Ab! sacrebleu I

Saint-Père , au moins «oyez bon père , Ab! ventrebleu!

Ab ! sacrebleu I

Ou je f... le saint-siège au feu.

Au sacré collège je frappe.

Vient un cou tors : Allons, cagot.

Par mon sabre! va dire au pape Que je suis le fils de Margot.

Dis que Margot fut sa commére;

Que, moi , d’être saint j’ai fait vau.

Ab! ventrebleu! etc.

J’entre en faisant trois résérencos ;

Sa Sainteté bâillait d’ennui.

Mon fîls, veux-tu des indulgences?

Non , dis-je; on s’en passe aujourd’hui.

J’ai , si j’en crois Margot ma mère.

Vos goiUs, voire ne*, votre œil bleu.

Âbi ventrebleu I etc.

Quand mes trois sœurs, vos pauvres filles. Le soir, pour avoir un jupon,

Vendent le plaisir en guenilles,

Au diable votre âme en répond.

Le diable vous sert de compère ;

Aye* donc l’air d’y croire un peu.

Ab ! venirebieu! etc.

Il me répond: Bien nous aiSige,

Nous sommes pauvres, mon cher fils.

Mais du Purgatçire ; lui dis-je ,

Où passent doue tous les profits?

Donnez-moi les os de saint Pierre:

Que je les vende à quelque Hébreu.

Ahl ventrebleu! etc.

Mon fils, que le diable t’emporte!

Prends ces mille écus, et va-t’en.

(l’est bien peu , dis-je , mais qu’importe ? Bans huit jours j’en viens prendre autant. Tant de sots font encor sur terre Bouillir votre vieux pot-au-feu I Ab! ventrebleu I etc.

Adieu. Margot fera iripaille;

Mes sœurs seront morceaux de roi Quoique j’abborre la prètraille »

D'un chapeau rouge alTublez-moi.

De me transmettre votre chaire.

Bon homme, occupcz>vous un peu.

Ab! ventrebleu!

Ah ! sacrebleu !

Sainl-Pére , au moins soyez bon père; Ah ! ventrebleu !

Ali ! sacrebleu !

Ou je f... le saint-siège au feu.

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