MON ENTERREMENT
Bia : Quand on ne dort pat de la nuit. (De Lisbetb.)
Ce matin, je ne sais comment,
Je vois d’Aniours ma chambre pleine; i
J'étais couché , sans mouvement. j
Il est mort, disaient>ils gaîment; !
De l’inhumer prenons la peine.
Lors je maudis entre mes draps '|
Ces dieux que j'aimais tant à suivre. J
Amis, si j'en crois ces ingrats, |
Plaignex-moi {bit) , j'ai cessé de vivre, (ti*.) j
De mon vin ils prennent leur part,
fU caressent nia chambrière :
L’un veut guider le corbillard ,
Et l’autre, d’un tou nasillard,
Me psalmodie une prière.
Le plus grave ordonne à l’instant Vingt galoubets pour mon escorte:
Mais déjà la voiture attend.
PlaigneZ'inoi , voilà qu’on m’emporte.
Causant, riant , faisant des leurs.
Les Amours suivent sur deux lignes; Le drap, où l’argent brille en pleurs, Porte un verre , un luth et des fleurs, De mes ordres joyeux insignes.
Maint passant, qui met chapeau bas.
Se dit: Triste ou gai, tout succombe! Les Amours font hâter le pas.
Plaignex*moi, j’arrive à ma tombe.
Mon cortège , au lieu de prier ,
Chante là mes vers les plus lestes.
Grâce au ciseau du marbrier ,
Une couronne de laurier Va d’orgueil enivrer mes restes.
Tout redit ma gloire eu ce lieu Qui bientôt sera solitaire :
Amis, j’allais me croire un dieu Plaignez>moi , voilà qu’on m’enterre.
Mais d’aventure, en ce moment ,
Par là passait mon infidèle;
Lise m’arrache au monument;
PuiK encor, je ne sais comment,
Je me sens renaître auprès d’cIIe.
T)c la TÎe et de «es douceurs Vous qu’à médire l’âge excite.
Vous du monde éternels censeurs, Plaignez-moi , car je ressuscite.