‹ Chansons de BérangerChapitre 199 sur 307 · LES TROUBADOURS · texte numérisé non relu

LES TROUBADOURS

dithtbsmbe.

Aik : Je commence à m'apercevoir.

J’entonne sur les troubadours ün chant dithyrambique.

Malgré goût et logique.

Coulez, vers longs, moyens et courts.

Momus sommeille:

Qu’on le réveille |

Gai farfadet, qu’il rie à notre oreille.

Laissons, malgré maux et douleurs, L’Espérance essuyer nos pleurs.

Lisette, apporte et du vin et des fleurs.

Narguant des lois sévères , Troubadours et trouvères Au ne» des rois vidaient gaînient leurs verres.

Toi> doux rimeur, que la beauté Mène par la lisière ,

Unis parfois le lierre Aux roses de la volupté.

Coupe remplie Par la folie

Met en gaîté femme tendre et jolie.

La colombe d’Anacréou ,

Dan» la coupe de ce barbon ,

Buvait d’un vin père de la chanson.

Narguant, etc.

Toi qui fais de religion

Parade à chaque rime.

Qui sur la double cime Fais grimper la procession ,

Ta muse en masque Est lourde et flasque ;

Mais qu’un tendron te tire par la basque.

Tu lui souris; et le bon vin Pour toi ne vieillit pas en vain.

Beau joueur d’orgue au service divin.

Narguant , etc.

Toi qui prends Boileau pour psautier, Du joug je te délie:

Veux'tu, près de Tbalie ,

De Regnard être l’héritier?

De cette muse

AU

Parfois abuse {

Enivre-la^ Molière est ton excuse.

Elle naquit sur un tonneau ;

Pour lui rendre un éclat nouveau , Puise la joie au fond de son berceau.

Narguant , etc.

Du romantisme jeune appui ,

Descends de tes nuages:

Tes torrents , tes orages Ceignent ton front d’uu pâle ennui.

Mon camarade ,

Tiens i bois rasade ;

C’est un julep pour ton cerveau malade Entre naître et mourir, bêlas!

Puisqu’on ne fait que quelques pas,

On peut aller de travers ici-bas.

Narguant , etc.

Oui, trouvères et troubadours Sablaient force champagne.

Mais je bals la campagne:

L’ode et le vin font de ces tours.

Le ciel nous dote D’une marotte

Tour à tour grave, et quinteuse et falote.

Le soleil s’est levé joyeux.

Le front barbouillé de fin vieux.

Ah ! tout poète est le jouet des dieux. Narguant des lois sévères, Troubadours et trouvères Au net des rois vidaient gaîment leurs verres.

LES ESCLAVES GOULOIS.

CUÂN80N ADRESSÉE A M. MANDEL.

Air ; Un ioldai , par un coup funeaie.

D’anciens Gaulois , pauvres esclaves.

Un soir qu’autour d’eux tout dormait ■ Levaient la dîme sur les caves Du maître qui les opprimait.

Leur gaîté s’éveille ,

U Ah 1 dit l’un d’eux , nous faisons des jaloux. oL’esclave est roi quand le maître sommeille. »£uivrons*iiousI ( 4 foîa» )

«Amis, ce vin par notre maître

• Fut conilsqué sur des Gaulois,

• Bannis du sol qui les vit naître

• Le jour même où mouraient nos lois.

• Sur nos fers qu’il rouille

■ Le Temps écrit l’Age d’un vin si doux.

• Des malheureux partageons la dépouille!

> Enivrons*nous !

• Savez-vous où gît l’humble pierre

• Des guerriers morts de notre temps?

• Là, plus d’épouses en prière;

• Là, plus de fleurs, même au printemps

• La lyre attendrie

• Ne l'i'dit plus leurs noms effacés tous.

• Nargue du sot qui meurt pour la patrie 1

ȣiiivrons-nous !

«La Liberté conspire encore nAvec des restes de rertu;

• Elle nous dit : Voici l'aurore :

«Peuple, toujours dormiras-tu?

• Déité qu’on vante,

•Recrute ailleurs des martyrs et des fous: • L’or te corrompt, la gloire t’épouvante.

• EnivronS'nous!

• Oui, toute espérance est bannie, •

• Ne comptons plus les maux soufferts.

• Le marteau de la tyrannie

• Sur les autels rive nos fers.

■ Au monde en tutelle,

«Dieux tout-puissants, quel exemple offrex*vous «Au cliar des rois un prêtre vous attelle.

• Enivrons-nous!

• Rions des dieux, sifflons les sages,

• Flattons nos maîtres absolus.

«Donnons-leur nos fils pour otages :

«On vit de honte, on n’eu meurt plus.

• Le plaisir nous venge :

«Sur nous du sort il fait glisser les coups.

• Traînons gaiinent nos chaînes dans la fange «Etiivroiis-nous ! >

Le maître entend leur chant d’ivresse.

Il crie à des valets : « Courei 1

aQu’un fouet dissipe l’allégresse • De ces Gaulois dégénérés. •

Du tyran <jui gronde Prêts à subir la sentence à genoux,

Pauvres Gaulois, sous qui treml)la le monde, Enivrons>nous!

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