‹ Chansons de BérangerChapitre 200 sur 307 · TREIZE A TABLE · texte numérisé non relu

TREIZE A TABLE

Air de Préville et Taconnei.

Dieu ! mes amis, nous sommes treize à table Et devant moi le sel est répandu.

Nombre fatal] présage épouvantable !

La Mort accourt: je frissumie éperdu, (ter.) Elle apparaît, esprit, fée ou déesse*,

Mais belle rt jeune, elle sourit d’abord [bis.) De vos chansons ranimez l'allégresse*.

Non f mes amis , je ne crains plus la Mort.

Bien qu\>ile semble inTÎtée à 1h fête ,

Qu'elle ait aussi sa couronne de fleurs,

Seul je la rois, seul je vois sur sa tête D*un arc-en ciel resplendir les couleurs.

Elle me montre une chaîne brisée ,

Et sur son sein un enfant qui s'endort.

('.aimez la soif de ma coupe épuisée ;

Non, mes amis, je ne crains plus la Mort.

«Vois, medit*elle, esl-cc moi qu'il faut craindre ? •Fille du ciel , l’Espérance est nia sœur.

• Dis'inoi, l’esclave a-t>il droit de se plaindre

• De qui rarraciic au fer d'un oppresseur?

• Ange déchu , je te rendrai les ailes

• Dont iei'bas te dépouilla le sort. ■

Enivrons-nous des baisers de nos belles (

Non, mes amis, je ne crains plus la Mort.

«Je reviendrai, poursuit-elle, et ton âme •Ira franchir tous ces mondes flottants,

• Tout cet ariir , tous ces globes de flamme

• Que Dieu sema sur la route du Temps.

• Mais tant qu’au joug elle rampe asservie, •Goûte sans crainte un bonheur sans remord. ■ Que le plaisir use en paix notre vie;

Non, mes amis, je ne crains plus la Mort.

Ma vision passe et fuit tout entière

Aux cris d’un chien , hurlant sur notre seuil.

Ah ! l’homme en vain se rejette en arrière Lorsque son pied sent le froid du cercueil.

Gais passagers, au flot inévitable

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Livrons l’esquif qui doit conduire au port.

Si Dieu nous compte , ah! restons treite à tabU; Non t mes amis , je ne crains plus la Mort.

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