‹ Chansons de BérangerChapitre 204 sur 307 · LE VOYAGE IMAGINAIRE · texte numérisé non relu

LE VOYAGE IMAGINAIRE

Ata : Mute des bols , etc.

L'automne accourt et sur son aile humide M'apporte encor de nouvelles douleurs.

Toujours souffrant, toujours pauvre et timide, De ma gaîté je vois pâlir les fleurs.

Arrachez-moi des fanges de Lutèce;

Sous un beau ciel mes yeux devaient s’ouvrir. Tout jeune aussi, je rêvais à la Grèce ;

C’est là , c’est là , que je voudrais mourir.

En vain faut-il qu’on me traduise Homère (

Oui , je fus Grec { Pylhagore a raison.

Sous Périclès j’eus Athènes pour mère :

Je visitai Socrate en sa prison.

De Phidias j’encensai les merveilles;

De l’Ilissus j’ai vu les bords fleurir.

J’ai sur l'Hyméte éveillé les abeilles ;

C’est là, c’est là, que je voudrais mourir.

Dieux, qu’un seul jour, éblouissant ma vue. Ce beau soleil me réchauffe le cœur !

Oiniti

La Liberté , que de loin je snlue ,

Me rrie; Accours, Tlirnsj bulc est vainqueur.

'• Partons ! partons l lu barque est préparée Mer, en Ion sein garde-moi de périr.

Laisse ma Muse aborder au Pirée :

C'est là, c’est là, que je voudrais mourir.

Il est bien doux le ciel de l’Italie ,

Mais Pesclavage en obscurcit l'axur.

Vogue plus loin, nocher, je l’en supplie,

Vogue, où là-bas renaît un jour si pur.

Quels sont ces (lots? quel est ce roc sauvage? Quel sol brillant à mes yeux vient s'olTrir?

La tyrannie expire sur la plage:

C’est là , cVsl là , que je voudrais mourir.

Daignez au port accueillir un barbare.

Vierge d’Atbène, encouragez mia voix.

Pour vos climats je quitte un ciel avare ,

Où le génie est l'esclave des rois.

Sauvez ma lyre, elle est persécutée;

Et si mes chants pouvaient vous attendrir.

Mêlez nia cendre aux cendres de Tyrtéc ;

Sous ce beau ciel je suis venu mourir.

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