‹ Chansons de BérangerChapitre 208 sur 307 · L’ANGE GARDIEN · texte numérisé non relu

L’ANGE GARDIEN

Air ‘ Jailit un célèbre empereur.

A riiospice un gueux tout perclus Voit apparaître son bon angc;

Gaîinent il lui dit; Nu faut plus Que votre altesse se dérange.

Tout compté , je ne tous dois rien :

Bon ange, adieu; porleZ'Vous bien.

Sur la paille, né dans un coin ,

Suis-je enfant du Dieu qu'on nous prêche? Oui, dit l’ange: aus^i j’eus grand soin Que ta paille fût toujours fraîche.

Tout compté , etc.

Jeune et vivant à l'abandon , .

L’aumône fui mon patrimoine Oui , dit l'ange , et je le fis don Des trois besaces d’un vieux moine Tout compté , etc.

Soldat bientôt, courant au feu,

Diaitized bv GooqIc

h. perdis une jambe en route.

Oui, dit l*anget mais avant peu Cette jambe aurait eu la goutte.

Tout compté , etc.

Pour mes jours gras, du vin fraudé Mit le juge après mes guenilles.

Oui, dit l’ange; mais je plaidai ;

Tu ne fus qu’un an sous les grilles.

Tout compté i etc.

Chez Vénus j^entre en maraudeur; C'est tout fruit vert que j’en rapporte. Oui, dit Fange; mais, par pudeur.

Là je le quittais à la porte.

Tout compté , etc.

D’un laidron je deviens l’époux ,

Priant qu’il ne soit que volage.

Oui, dit l’ange; mais nul de uous Ne se mêle de mariage.

Tout compté , etc.

Vieillard , alTrauchi de regrets ,

Au terme heureux cnfio atteins-je? Oui, dit l’ange: et je liens tout prêts De l’huile, un prêtre et du vieux linge. Tout compté, etc.

De l’enfer serai-je habitant,

Ou droit au ciel veut-on que j’aille ? Oui, dit l’ange; nu bien non, pourtant Crois-moi, tire à la courte-paille.

Tout compté , etc.

Ce pauvre diable* ain*i parlant.,

Meitait.en gaîté tout l’hoapice..

Il éternue.; et, B’ettvplapt,

L*ange lui dit: Dieu te bènisae^!

Tout compté , je ne vous dois rien:

Bon ange; ndieu'; porte*‘voua bien.

L’ÉCHELLE DE JfACOB.

Aie : Ah I ù ma dame me vojaiti

Lorsqu’un •p'alriarcbe, en dormùnt,

Vit la plus longue des échelles,

Où , de crainte d’user leurs ailes.

Les anges montaient lestement- Jusqu*aui portée du Qrnianaent;

Il vit ses eis, quelqu’un l’assure , . ‘

Sur l’échelle aussi SC bisser, .. ..

Croyant qu’au ciel on fait l’usure.

Grand Dieu ! le pied va leur glisser.

De ce cri du fils d’Tsaac Sa race ne tient aucun compte.

A l’échelle chaque Hébreu monte , Fraudant eau-de-vie et tabac ,

Des écus rognés dans. un sac..

Chargés de bijoua et de traites.

Ils vont d’abord, pour commercer, .

Aux anges vendre des lorgnettes.

Grand Dieu! le pied va leur glUscrl. .

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Mais Jacob en voit deux ou trois * Dont nos désastres font la gloire;

Un page leur tient l’écritoire.

Ils ont des litres, et, je croie.

Des ciacbats et même des croix.

Riches de l’or de cent provinces ,

Sur leur coffre ils ont fait tracer:

Mont-de-piété pour les princes.

Grand Dieul le pied va leur glisser.

•Âhl dit Jacob, des fils si chers Prouvent que Dieu tient sa promesse; Seuls iis font la hausse et la baisse , Ont seuls tous les emprunts ouverts :

Mes fils régnent sur l’uiiivers'!

C’est la peste à qui rien n’échappe!

Voyez dix rois lès caresser;

Ils se font bénir par le pape;

Grand Dieü ! le pied va leur glisser.

Qui les suit ? C'^est un cordon bleu Qu'en frère chacun d’eux embrasse.

Cet homme est-il bien de ma race ?

Son iroU pour c»ni le prouve un peu , Mais sandi» n’est pas de l’bébreu.

A mes fils comme il se cramponne} Quoi ' pour voir le Jourdain hausser, Ils ont assuré la Garonne!

Grand Dieu i le pied va léur glisser.»

MM. de Rothschild- frères.

Tandis qu’il les voit à grands pas Sur l’écbelle élever leur course ,

Vient Satan , qui crie : ■ A la Bourse ! Messieurs, on craint de grands débats. > Bien vite ils regardent en bas.

La tête tourne à la sequelle Dont l'orgueil est si haut placé.

Le diable a secoué l’échelle.

Grand Dieu I le pied leur a gUssél

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