‹ Chansons de BérangerChapitre 209 sur 307 · LA MÉTEMPSYCOSE · texte numérisé non relu

LA MÉTEMPSYCOSE

Aia du vaudeville de la Robe et de$ Bottes,

Grand partisan de la métempsycose ,

En philosophe , hier, sur l'oreiller ,

De mes penchants pour connaître la cause , J'ai mis mon âme en train de babiller.

Elle m'a dit: Tu me dois un beau cierge. Car sans mon souffle au néant tu restais: Mais jusqu'à toi je n’nrrivai point vierge.

>— Ah I mon âme , je m'en doutais ,

Je m'en doutais, je m’en doutais.

bis.

Je m’on souviens, oui, dit-elle, humble lierre. J'ai couronné jadis des fronts joyeuxi Puis, échaulTant plus subtile matière.

Polit oiseau , je saluai les cieux.

Dans le bocage , auprès des pastourelles.

Je voltigeais, je sautais, je chantais.

L'iudépendancf agraudissait mes ailes.

— Ah mon âme , etc.

Je fus Médor, des chiens le plus habile.

Qui , d’un aveugle unique et sûr appui , Entre scs dents sut prendre une sébile , Guider son maître et mendier pour lui.

Utile au pauvre , au riche sachant plaire , Pour nourrir l’un , chez l’autre je quêtais. J’ai fait du l>ien , puisque j’cu ai fait faire. — Ah I mon âme , etc.

Puis j'animai la beauté d’une fille.

Que j’étais bien dans ma douce prison I Mais de mon gîte on s’empare , on le pille; Tous les Amours y mettent garnison.

En vrais soudards iis y faisaient esclandre, Et jour et nuit, dit coin que j'habitais,

A la maison je voyais le feu prendre.

— Ah ! mon âme , etc.

Sur tes penchants que mon récit t’éclaire: Mais, dit mon âme, apprends aussi de moi Qu’au ciel un jour ayant osé déplaire.

Pour m’en punir, Dieu m’enferma chez toi. Veilles, travaux, artifices de femme.

Pleurs, désespoir et des maux que je lais. Font qu’un poëte est l’enfer pour une âme. — Ah! mon âme, je m’en doutais,

Je m’eu doutais, je m’en doutais.

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