LA MÈRE AVEUGLE
Aia : Une fille est un oiseau.
Tout en filant votre lin ,
Ecoulez-moi bien, ma fille.
Déjà votre coeur'sautille Au nom du jeune Colin.
Craignez ce qu*il voua conseille.
Quoique a?eugle , je surveille ;
A tout je prête l’oreille.
Et TOUS soupirez tout bas.
Votre Colin n’est qu’uii traître...
Mais TOUS ouvrez la fenêtre ;
Lise, vous ne filez pas. (iis.)
Il fait trop chaud, dites«voust Mais par la fenêtre ouverte,
A Colin , toujours alerte ,
Ne faites pas les yeux doux.
Vous vous plaignez que je gronde :
Hélas! je fus jeune et blonde :
Je sais combien dans ce monde On peut faire de faux pas.
L’amour trop souvent l’emporte...
Mais quelqu’un est à la porte; Lise, vous ne filez pas.
C’est le vent, me dites>vouS)
Qui fait crier la serrure ;
Et mon vieux chien qui murmure Gagne à cela de bous coups.
Oui , fiez'vous à mon âge :
Colin deviendra volage;
Craignez, si vous n’étcs sage.
De pleurer sur vos appas...
Grand Dieul quc viensqe d’entendre?
C’est le bruit d’un baiser tendre ; Lise, vous ne fiiez pas.
C’eit totre oiicau , ditei-»®ui.
C’est Totre'oiseau qui tous baiic; Dites'lui donc qu*tl se taise ,
Et redoute mon courroux.
Ah ! d’une folle conduite Le déshonneur est la suite ; L’amant qui tous a séduite En rit même entre tos bras.
Que la prudence tous sauTe...
Mais tous ailes rers l’alcôte; Lise, TOUS ne files pas.
C’est pour dormir, diles-TOUS.
Quoi I me jouer de la sorte 1 Colin est ici ; qu’il sorte ,
Ou deTienne Totre époux.
En attendant qu’à l’église Le séducteur tous conduise, Files, files, files. Lise,
Près de moi, sans faire un pas En Tain TOtre lin s’embrouille:
ATec une autre quenouille.
Non, TOUS ne fileres pas.
es»s»a»a»>»e#s»<»e»e»e»a»>i»Q»a»s»e»a<
CHARLES VH.
Musique de M, B, fyUhem,
Je Tais combattre, Agnès l’ordonne; Adieu, repos I plaisirs, adieu I
J’aurai, pour ?enger ma couronne , Dca héroa» l’amour et mon Dieu.
Aiiglaif) que le nom de ma belle Dana Toa ranga porte la terreur.
J’oubliais l’honneur auprèa d’elle < Agnès me retid tout i l’honneur.
Dans les jeux d’une cour oisive, Français et roi , loin des dangers,
Je laisiais la France captive Eli proie au fer des étrangers.
Un mot, un seul mot de ma belle A couvert mou front de rougeur.
J’oubliais, etc.
S’il faut mon sang pour la victoire , Agnès, tout mon aang coulera.
Mais non : pour l’amour et la gloire , Victorieux, Charles vivra.
Je doisvaincret j’ai de ma belle Et les chiffres et la couleur.
J’oubliais, etc.
Dunois , la Trémouille, SaintraUles, O Français, quel jour enchanté,
' Quand des lauriers de vingt batailles Je couronnerai la beauté!
Français, nous devrons à ma belle.
Moi la gloire , et vous le bonheur.
J’oubliais l’honneUr auprès d’elle , Agnès me rend tout à llionneur.
lA BONNE FILLE.