‹ Chansons de BérangerChapitre 22 sur 307 · LA MÈRE AVEUGLE · texte numérisé non relu

LA MÈRE AVEUGLE

Aia : Une fille est un oiseau.

Tout en filant votre lin ,

Ecoulez-moi bien, ma fille.

Déjà votre coeur'sautille Au nom du jeune Colin.

Craignez ce qu*il voua conseille.

Quoique a?eugle , je surveille ;

A tout je prête l’oreille.

Et TOUS soupirez tout bas.

Votre Colin n’est qu’uii traître...

Mais TOUS ouvrez la fenêtre ;

Lise, vous ne filez pas. (iis.)

Il fait trop chaud, dites«voust Mais par la fenêtre ouverte,

A Colin , toujours alerte ,

Ne faites pas les yeux doux.

Vous vous plaignez que je gronde :

Hélas! je fus jeune et blonde :

Je sais combien dans ce monde On peut faire de faux pas.

L’amour trop souvent l’emporte...

Mais quelqu’un est à la porte; Lise, vous ne filez pas.

C’est le vent, me dites>vouS)

Qui fait crier la serrure ;

Et mon vieux chien qui murmure Gagne à cela de bous coups.

Oui , fiez'vous à mon âge :

Colin deviendra volage;

Craignez, si vous n’étcs sage.

De pleurer sur vos appas...

Grand Dieul quc viensqe d’entendre?

C’est le bruit d’un baiser tendre ; Lise, vous ne fiiez pas.

C’eit totre oiicau , ditei-»®ui.

C’est Totre'oiseau qui tous baiic; Dites'lui donc qu*tl se taise ,

Et redoute mon courroux.

Ah ! d’une folle conduite Le déshonneur est la suite ; L’amant qui tous a séduite En rit même entre tos bras.

Que la prudence tous sauTe...

Mais tous ailes rers l’alcôte; Lise, TOUS ne files pas.

C’est pour dormir, diles-TOUS.

Quoi I me jouer de la sorte 1 Colin est ici ; qu’il sorte ,

Ou deTienne Totre époux.

En attendant qu’à l’église Le séducteur tous conduise, Files, files, files. Lise,

Près de moi, sans faire un pas En Tain TOtre lin s’embrouille:

ATec une autre quenouille.

Non, TOUS ne fileres pas.

es»s»a»a»>»e#s»<»e»e»e»a»>i»Q»a»s»e»a<

CHARLES VH.

Musique de M, B, fyUhem,

Je Tais combattre, Agnès l’ordonne; Adieu, repos I plaisirs, adieu I

J’aurai, pour ?enger ma couronne , Dca héroa» l’amour et mon Dieu.

Aiiglaif) que le nom de ma belle Dana Toa ranga porte la terreur.

J’oubliais l’honneur auprèa d’elle < Agnès me retid tout i l’honneur.

Dans les jeux d’une cour oisive, Français et roi , loin des dangers,

Je laisiais la France captive Eli proie au fer des étrangers.

Un mot, un seul mot de ma belle A couvert mou front de rougeur.

J’oubliais, etc.

S’il faut mon sang pour la victoire , Agnès, tout mon aang coulera.

Mais non : pour l’amour et la gloire , Victorieux, Charles vivra.

Je doisvaincret j’ai de ma belle Et les chiffres et la couleur.

J’oubliais, etc.

Dunois , la Trémouille, SaintraUles, O Français, quel jour enchanté,

' Quand des lauriers de vingt batailles Je couronnerai la beauté!

Français, nous devrons à ma belle.

Moi la gloire , et vous le bonheur.

J’oubliais l’honneUr auprès d’elle , Agnès me rend tout à llionneur.

lA BONNE FILLE.

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