‹ Chansons de BérangerChapitre 23 sur 307 · LES MOEURS DD TEMPS · texte numérisé non relu

LES MOEURS DD TEMPS

Aik : Il eil toujour» lê même.

Je sais fort bien que sur moi l'on babille ; Que, soi'dîsanty J'ai le ton trop plaisant;

Mais cet air amusant Sied si bien à Camille 1 ■Philosophe par goûtf Et toujours et de tout Je ris I je ris, tant je suis bonne ülle !

Pour le théâtre ayant quitté l'alguills ,

A mon début,

• Craignant quelque rebut.

Je me lirre en tribut Au censeur Mascarille,

Et ce cuistre insolent Dénigre mon talent;

Mais moi j'en ris, tant je suis bonne (illel

Un sénateur, qui toujours apostille •

Dit : Je roudrais Servir tes inléréls»

Lori j'euaye à grands frais D'ccbauiTer le tieuz drille.

Quoi qu’il fît espérer »

Je n’cD pus rien tirer;

Mais j’en ai ri, tant je suis bonne fille I

Dn cbambellan, qui de clinquant pétillé, Âpres qu!un jour II m’eut fait roir la cour, £nricbit mon amour De ce jonc qui scintille.

J’en fais voir le chaton :

C’est du faux, me dit*on...

Et moi j’en ris, tant je suis bonne fille I

Un bel esprit, beau de l’esprit qu’il pille , Grâce à moi, fut Nommé de l’Institut.

Quand des voix qu’il me dut Vient l’éclat dont il brille,

Âvec moi que de fqis Il a manqué de voixl

Mais j’cii ai ri , tant je suis bonne fille I

Un lycéen , qui sort de sa coquille ,

Tout triomphant.

Dans scs bras m’étoufTant,

De me faire un enfant Mc proteste qu’il grille;

Et le petit morveux.

Au lieu d’un., in’en fait deux';

Mais moi j’en ris, tant je suis bonne fille I

Trois auditeurs me disent : Viens « Camillet Soupe avec nous;

Que nous fassions les fous.

J'étais seule pour tous :

L’un d’eux me déshabille ;

Puis le tin met dedans Nos petits intendans:

Et moi j’eu ris, tant je suis bonne fille I

Telle est ma xie | et sur mainte Tctille J’aurais ici

Pu glisser, Dieu merci;

Dans ses jupons aussi Je sais qu’on s’entortille;

Hais les restrictions ,

Mais les précautions...

Moi je m’en ris, tant je suis bonne fille I

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