‹ Chansons de BérangerChapitre 228 sur 307 · LES BOHÉMIENS · texte numérisé non relu

LES BOHÉMIENS

Al B : Mon pèr* m*a donné un marL

Sorciers, bateleurs ou Glous Heste immonde

AU

D’un ancien monde i Sorciers y bateleurs ou filous y Gais bohémiens, d’où veneE-»ous?

D’où nous Tenons ? l’on n’en sait rien. L’hirondelle D’où TOUS Tient-elle?

D’où nous veiions? l’on n’en sait rien. Où nous irons , le sait»on bien ?

Sans paj'S , sans prince et sans lois , Notre Tie Doit faire enrie.

Sans pays, sans prince et sans lois ,

L'homme est heureux un jour sur trois.

Tous indépendants nous naissons,

ISans église Qui nous baptise.

Tous indépendants nous naissons.

Au bruit du fifre et des chansons.

Nos premiers pas sont dégagés,

. Dans ce monde Où l’erreur abonde ,

Nos premiers pas sont dégagés Du Tieux maillot des préjugés.

Au peuple, en butte à nos larcins,

Tout grimoire En peut faire accroire.

Au peuple , en butte à nos larcins ,

Il faut des sorciers et des saints.

Trouton«-nous Plutus tn chemin , Notre bande Gaiment demande; Trouvons-nous Plutus en chemin ,

En chantant nous tendons la main.

Pauvres oiseaux que Dieu bénit,

De la ville Qu*on nous exile;

Pauvres oiseaux que Dieu bénit, • An fond des bois pend notre nid.

A tâtons l’Amour, chaque nuit.

Nous attèle Tous pêle-mêle ; ■

A t&lons l’Amour , chaque nuit , ' Nous' attèle au char qu’il conduit.

Ton «il ne peut se détacher, Philosophe De mince étolTo ,

Ton œil ne peut se détacher •

Du vieux coq de ton vieux clocher.

Voir c'est avoir. Allons courir 1 Vie errante Est chose enivrante.

Voir c*est avoir. Allons courir»

Car tout voir, c’est tout conquérir.

Mais à l’homme on crie en tout lieu , Qu*il s’agite ,

Ou croupisse au gîte.

Mais à rbomme on crie en tout lieu :

«Tu nais, bonjour; tu meurs, adieu. »

Quand nous mourons, vieux ou bambin, lloimne ou femme ,

A Dieu soit notre âme !

Quand nous mourons, vieux ou bambin.

On vend le corps au carabin.

Nous n’avons donc , exempts d'orgueil.

De lois vaincs.

De lourdes chaînes;

Nous n'avons donc, exempts d’orgueil,

Ni berceau, ni toit, ni cercueil.

Mais croyex-en notre gaîté.

Noble ou prêtre ,

Valet ou maître ;

Mais croyez-en notre gaîté :

Le bonheur, c’est la liberté.

Oui , croyez-en notre gaîté ,

Noble ou prêtre.

Valet ou maître.

Oui , croyex-en notre gaîté :

Le boiilicur , c'est la liberté.

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