‹ Chansons de BérangerChapitre 229 sur 307 · LES SOUVENIRS DU PEUPLE · texte numérisé non relu

LES SOUVENIRS DU PEUPLE

Ata : Passez voV chemin , beau sirs.

On parlera de sa gloire

Sous le chaume bien longtemps

L*butnble toit, dans cinquante ans , Ne connaîtra plus d’autre histoire :

Là Tiendront les Tillageois Dire alors à quelque fieille :

Par des récita d’autrefois,

Mère, abrégez notre Teille.

Bien , dit on , qu’il nous ait nui ,

Le peuple encor le réTèrc ,

Oui, le rérère.

Pa'rlez-nous de lui, grand’ mère; Parlez-nous de lui. ( bii.)

Mes enfants, dans ce Tillage,

Suiri de rois, il passa.

Voilà bien longtemps de ça :

Je Tenais d'entrer en ménage.

A pied grimpant le coteau Où pour Toir je m’étais mise,

Il arait petit chapeau Arec redingote grise.

Prés de lui je me troublai 1 Il me dit : Bonjour, ma chère , Bonjour, ma chère.

— Il TOUS a parlé, grand’ mère!

Il TOUS a parlé!

L’an d’après, moi , paUTre femme , A Paris étant un jour.

Je le Tis arec sa cour:

Il se rendait à Notre-Dame.

Tous les coeurs étaient contenta :

On admirait son cortège !

Cbueun disait : Quel beau teinpsl Lu ciel toujours le protège.

Son sourire ètait-bieii doux:

D’un fils Dieu le rendait père,

Le rendait père.

— Quel beau jour pour tous, grand* mère Quel beau jour pour tous !

Mais, quaud la pautre Clianipague Fut en proie aux étrangers ,,,

. Lui, braTant tous les dangers ,

Semblait seul tenir la campagne.

Un soir , tout comme aujourd'hui , J’entends frapper à la porte :

J'ouvre. Bon Dieul c’était lui Suivi d’une faible escorte I Il s’assoit où me voilà,

■ S’écriant : Ob 1 quelle guerre !

Ob I quelle guerre 1 — Il s'est assis là, grand’ mère !

11 s’est assis là 1

J’ai faim , dit41 ; et bieu vite Je sers piquette etpaiu bis.

puis il sèche ses habits ;

Même à dormir le feu l'invite.

Au réveil, voyant mes pleurs,

11 me dit: Bonne espérance i Je cours de tous ses malheurs.

Sous Paris I venger la France.

Il part, et comme un trésor J’ai depuis gardé son verre ,

Gardé *011 Terre.

— Vous ra?e» encor, grand’ mère!

Voua l'asez encur?

Le Toici. Mais à sa perte - '

Le héros fut entraîné.

Lui qu’un pape a couronne Est mort dans une île déserte.

Longtemps aucun ne l’a cru.

On disait ; Il va paraître.

Par mer il est accouru ;

L’étranger va voir son maître.

(^uand d’erreur on nous tira ,

Ma douleur fut bien amère ,

Fut bien amère.

- — Dieu TOUS bénira , grand’ mère I Dieu TOUS bénira.

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