‹ Chansons de BérangerChapitre 233 sur 307 · LE TOMBEAU DE MANUEL · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU DE MANUEL

Air : Te eouviem-tu , disait un capitaine

Tout est fini ! ta foule se disperse;

A son cercueil un peuple a ditadieu t Et l’amitiè des larmes qu'elle rersc Ne fera plus (Confidence qu'à Dieu.

J’entends sur lui la terre’ qui retombe.

Hélas l Frant^ais , vous l’ollex oublier !

A vos enfants pour indiquer sa tombe, •Prétex secours au pauvre;. chansonnier.

Je quête ici pour honorer les restes D’un citoyen , .votre plus ferme appui.

J'eus le secret de ses vertus modestes :

Bras, tête et cœur, tout était peuple en luil L'humble tombeau qui sied à sa dépouille Est par nous tous un tribut à payer.

Prés de sa fosse un ami s’agenouille.

Prêtex secours au pauvre chansonnier

Mon cœur lui doit ces soins pieux et tendres Voilà douxe ans qu’eu des jours désastreux , Sur les débris de la patrie en cendres ,

Nous nous étions rencontrés tous les deux.

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Moi , je chaiilui»; lui , vétéran d'Arcolc ,

Sourit au lutb vengeur d*un vieux laurier.

Grâce à vos dons, qu’un tombeau me console : Prêtez secours au pauvre cbansonnicr.

L’ambition n’effleurait point sa vie{

Blais, même aux cliainps, rêvant un beau trépas, Il écoutait si la France asservie ,

En appelant , ne se réveillait pas.

Contre la mort j’aurais eu sou courage,

Quand sur son bras je pouvais m’appuyer.

Bla voix pour lui demande un peu d’ombrage. Prêtez secours au pauvre cbansonnicr.

Contre un pouvoir qui de nous se sépare Son éloquence a toujours combattu.

Ce n’était point la foudre qui s’égare;

C'était un glaive aux mains de la vertu.

De la tribune on Farracbe t il en tombe Entre les bras d’un peuple tout entier.

La baine est là : défendons bien sa tombe.

Prêtez secours au pauvre chansonnier.

Tu l’oublias, peuple encor trop volage ,

Sitôt qu’à l’ombre il goûta le repos;

Mais, noble esquif mis à sec sur la plage,

Il dut compter sur le retour des flots.- La seule mort troubla la solitude Où mes chansons accouraient l’égayer;

Pour efiacer quatre'ans d’ingralilud'e.

Prêtez secours au pauvre cbansonnier.

Oui , qu’un tombeau 4émoîgne de noi larmes. Assisler*nioi « tous pour qui j’ai chanté «

Paix et concorde , au bruit sanglant des armes;

Et y sous le joug f espoir et liberté.

Payez mes chants f doux a Totre mémoire ;

Je tends la main au plus humble denier.

De Manuel pour consacrer la gloire ,

Prêtez secours au pauvre chansonnier.

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