‹ Chansons de BérangerChapitre 242 sur 307 · LE JUIF ERRANT · texte numérisé non relu

LE JUIF ERRANT

Am du chatieur rouge d*Amédée de Beauplan.

Chrétien , au royageur souffrant Tends un terre d’eau sur ta porte.

Je suis , je suis le Juif crrani ,

Qu’un tourbillon toujours emporte, (éis.) Sans tieillir y accablé de jours ,

La Bn du monde est mon seul rêtc.

Chaque soir j'espère toujours;

Mais toujours le soleil se lète.

Toujours , toujours , ( Ws. )

Tourne la terre où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours.

Depuis dix-huit siècles , hélas !

Sur U cendre grecque et romaine ,

Sur les débris de mille Etats,

L'affreux tourbillon me promène.

J'ai tu sans fruit germer le bien ,

Vu des calamités fécondes;

Et pour surtitre au monde anciêii ,

Des flots j'ai tu sortir deux mondes.

Toujours, etc.

Dieu m’a changé pour nie punir :

A tout ce qui meurt je m’attache.

Mais du toit prêt à me bénir Le tourbillon soudain m’arrache.

Plus d’un pauTrc vient implorer Le denier que je puis répandre ,

Qui n’a pas le temps de serrer La main qu'eu passant j’aime à tendre.

Toujours , etc.

Seul, au pied d’arbustes en fleurs ,

Sur le gazon , au Lord de l’onde ,

Si je repose mes douleurs,

J’entends le tourbillon qui gronde.

I Eh ! qu’importe au ciel irrité Cet instant passé sous l’ombrage ?

Faul'il moins que l’éternité Pour délasser d’un tel voyage?

Toujours, etc.

Que des enfants vifs et joyeux Des miens me retracent l’image ;

Si j’en veux repaître mes yeux ,

Le tourbillon souffle avec rage.

Vieillards, osex-vous à tout prix M'envier ma longue carrière?

Ces enfants à qui je souris,

Mon pied balaira leur poussière.

Toujours , etc.

Des murs où je suis né jadis Retrouvé-je encor quelque trace;

Pour m’arrêter je me roidisi Hais le tourbillon me dit : « Passe I ■Passe I > et la voix me crie aussi :

«Reste debout quand tout succombe.

»Tc* aïeux ne t'ont point ici «Gaulé de place dans leur tombe. > Toujours , etc.

J’outrageai d’un rire inhumain L’honime>Dicu respirant à peine...

Mais sous mes pieds fuit le chemin;

Adieu , le tourbillon m'entraîne.

Vous qui. manques de charité ,

Tremblez à mon supplice étrange.

Ce n'est point sa divinité ,

C’est rhunianitc que Dieu venge.

Toujours, toujours,

Tourne la terre où moi je cours , Toujours, toujours, toujours, toujours.

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