‹ Chansons de BérangerChapitre 244 sur 307 · LA FILLE DU PEUPLE · texte numérisé non relu

LA FILLE DU PEUPLE

Aia d*Ari»tippe,

Fille du peuple , au chantre populaire De ton printemps tu prodigues les fleurs.

Dès ton berceau tu lui dois ce salaire :

Ses premiers chants calmaient tes premiers pleurs. Va, ne. crains pas que baronne ou marquise Veuille à me plaire user ses beaux atours.

Ma Muse et moi nous portons pour derise :

Je suis du peuple ainsi que mes amours.

Quand, jeune encor, j’errais sans renommée, D’anciens châteaux s’offraienl-ils à mes yeux; Point n’inToquais , à la porte fermée ,

Pour m'introduire , un nain mystérieux.

Je me disais : Tendresse et poésie

Ont fui ces murs, chers aux vieux troubadours.

Fondons ailleurs mon droit de bourgeoisie ;

Je suis du peuple ainsi que mes amours.

Fi des salons où lennui qui se berce Bâille entouré d’un luxe éblouissant!

Feu d’artiQee éteint par une averse.

Quand vient la joie , elle y meurt en naissant.

En souliers 6ns , chapeaux frais , robe blanche , Tu veux aux champs courir tous les huit jours; Viens ; tu me rends les plaisirs du dimanche.

Je suis du peuple ainsi que mes amours.

Quelle beauté, simple dame ou princesse,

A plus que toi de décence et d’attraits’;

Possède un cœur plus riche de jeunesse ,

Des yeux plus doux et de plus nobles traits?

Le peuple en6n s’est fait une mémoire :

J’ai pour ses droits lutté contre deux cours:

Il te devait au chantre de sa gloire.

Je suis du peuple ainsi que mes amours.

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