‹ Chansons de BérangerChapitre 252 sur 307 · OO LA FEMME DU BRACORNIBH · texte numérisé non relu

OO LA FEMME DU BRACORNIBH

Air : Soir et malin sur la fougère.

Un enfant dort à sa mamelle ;

Elle en porte un autre à son dos.

L’aîné qu’elle traîne après elle ,

Gèle pieds nus dans ses sabots.

Hélas ! des gardes qu’il courrouce Au loin, le père est prisonnier.

Dieu , veillez sur Jeanne la Rousse ;

On a surpris le bracounier.

Je l’ai vue heureuse et parée;

Elle cousait, chantajt, lisait.

Du magister Ulle adorée ,

Far son bon cœur elle plaisait.

J’ai pressé sa main blanche et douce, En dansant sous le marronnier.

Dieu , etc.

Un fermier riche et de son âge,

Qu’elle espérait voir son époux ,

La quitta , parce qu’au village On riait de scs cheveux roux.

Puis deux, puis trois; chacun repousse

Jeanne qui n*a pa» un denier.

Dieu , etc.

Blais un vaurien dit: « Rousse ou blonde, • Bfoi pour femme je te rboisis.

a En vain les gardes font la ronde:

aj’ai bon repaire et trois fusils.

aFaut-il b^nir mon lit de mousse ;

B Du château payons raumônier.a Dieu , etc.

Doux besoin d*ètre épouse et mère Fil céder Jeanne qui, trois fois.

Depuis, dans une joie amère ,

Accoucha seule au fond des bois.

Pauvres enfants 1 chacun d*eux pousse Frais comme un bouton printauier.

Dieu , etc.

Quel miracle un bon cœur opère !

Jeanne, fidèle à ses devoirs,

Sourit encor; car de leur père Ses fils auront les cheveux noirs.

Elle sourit: car sa voix douce Rend l'espoir à son prisonnier.

Dieu , veillez sur Jeanne la Rousse;

On a surpris le braconnier.

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