SOUVENIRS D’ENFANCE
A HIS PAllNTS «T AMIS DB PKnOilNB, TILLB 00 j’aI PASSÉ ONK PAHTIB OB MA JBÜHBSSB, DB 1790 A 1796.
Aib d$ la Rondê de$ Comidi§n$»
Lieux où jadis m’a bercé l’Espérance,
Je TOUS resois à plus de cinquante ans.
On rajeunit aux soufenirs d’enfance ,
Comme on renaît au souffle du printemps.
Salut I à TOUS, amis de mon jeune âge.
Salut! parents que mon amour bénit.
Grâce B Tos soins, ici, pendant l’orage,
Pauvre oiselet, j’ai pu trouTcr un nid.
Je veux revoir jusqu’à l’étroite geôle,
Où , près de nièce aux frais et doux appas , Régnait sur nous le vieux maître d’école ,
Fier d’enseigner ce qu’il ne savait pas.
J’ai fait ici plus d’un apprentissage,
A la paresse, hélas I toujours enclin.
Mais je me crus des droits au nom de sage , Lorsqu’on m’apprit le métier de Franklin.
C'était à l'âge où nait l’amitié franche •
Soi que fleurit un matin plein d’espoir.
On arbre y croît dont souvent une broiicLe Nous sert d'appui pour marcher jusqu'au soir.
Lieux où jadis m'a bercé l’Espérance ,
Je vous revois à plus de cinquaute ans.
On rajeunit aux soqvenirs d'enfance ,
Comme on renaît au souffle du printemps.
C'est dans ces murs qu’en des jours de défaites,
De l'ennemi j'écoutais le canon.
Ici ma voix, mêlée aux chants des fêtes ,
Do la patrie a bégpyé ie uqxq.
Ame rêveuse aux ail^s dç cqlqi^be ,
Do mes sabots, là, j’oubUais le poids.
Du ciel , ici, |iur mqj la foudre tqml^e Et m’apprivoise ayec qelle des roi|i<
Contre le sort ma rajsoD s’çst armée Sous l'humble toit, et yient auf mêmes lieux Narguer la gloire, inqqnstante fumée Qui tiré aussi des larmes de nos yeux.
Amis, parents , témoin^ de mon aurore.
Objets d'uD qu)le aveeie temps accru.
Oui , mon berceaq m® semble doux encore ,
Et la berceuse a pourtqpt disparu.
Lieux où jadis m’a bercé l’Eepérgpce,
Je vous revois à plus de cinquante ans.
On rajeunit anx souvenirs d'epfanee ,
Comme on renaît nu souffle du printemps
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LE VIEUX vagabond.
Aib : Guide met pat^ ô Providence/ (Des deux Journées, i
Dans ce fossé cessons de vivre.
Je finis vieux > infirme et las.
Les passants vont dire : II est ivre.
Tant mieux.' ils nC me plaindront pàs.
J*en vois qui détournent U l£te ;
TVautres me jettent quelques soiis.
Coürex vite; allez à la fête.
Vieux vagabond, je puis mourir sans vous.
Oui y je meurs ici de vieillesse Parce qu’on ne meurt pas de faim.
J’espérais Voir de ma détresse L’hôpital adoucir la fin.
Mais tout est plein dans ctiàqiiè hospice ,
Tant le peuple est infortuné.
La rue, hélas! fut ma nourrice.
Vieux vagabond , mourons où je suis né.
Aux artisans, dans mon jeune âge ,
J'ai dit: Qu’on m'enseigne un métier.
Va, nous n’avons pas trop d'ouvrage, llépondaient'ils , va mendier.
Uiches, qui me disiez: Travaille,
J'eus bien des os de vos repas;
J’ai bien dormi sur votre paille.
Vieux vagabond, je ne vous maudis pas.
J'aurais pu Tol«r, moi, paurre bomme:
Mais nou mieux raut tendre la main.
Au plus , j’ai dérobe la pomme Qui mûrit au bord du chemin.
Vingt foi» pourtant on me verrouille Dans les cacbols , de par le roi.
De mon seul bien on me dépouille.
Vieux vagabond , le soleil est à moi.
Le pauvre a-t-il une patrie?
Que me font vos vins et vos blés.
Votre gloire et votre industrie ,
Kt vos orateurs assemblés?
Dans vos murs ouverts i ses armes Lorsque l’étranger s’engraissait»
Comme un sol j’ai versé des larmes Vieux vagabond , sa main me nourrissait.
Comme un insecte fait pour nuire , Hommes , que ne m’écrasiez -vous ?
Ah! plutôt vous deviez m’instruire A travailler au bien de tous.
Mis à l’abri du vent contraire.
Le ver fût devenu fourrai ;
Je vous aurais ebéris en frère.
Vieux vagabond , je meurs votre ennemi.
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