‹ Chansons de BérangerChapitre 275 sur 307 · LES TOMBEAUX DE JUILLET · texte numérisé non relu

LES TOMBEAUX DE JUILLET

Âin d*Octu»ie,

Des (leurs, enfants, tous dont les mains sont pures, Enfants, des fleurs, des palmes, des flambeaux! De nos Trois>Jours ornez les sépultures.

Comme les rois le peuple a ses tombeaux.

Charle avait dit ;« Que juillet qui s'écoule

• Venge mon trône en butte aux nivcleurs.

• Victoire aux lisi » Soudain Paris en foule S'arme et répond : Victoire aux trois couleurs I

Pour parler haut, pour nous trouver timides. Par quels exploits fascinez-vous nos yeux? N’imitez pas l’homme des Pyramides :

Daus son linceul tiendraient tous vos aïeux.

Quoi! d'une Charte on nous a fait l'aumône,

Et sous le joug vous vouiez nous courber !

Nous savons tous comment s’écroule un trône. Dieu juste î encore un roi qui veut tomber.

Car une voix qui vient d’en haut, sans doute, Au fond du cceur nous crie : Egalité !

L'égalité? c’est peut-être une route Qu'aux malheureux ferme la royauté.

Marchons! marchons ! A nous rhôlcl de ville !

A nous les quais ! à nous le Louvre ! a nous! Ënli'és vainqueurs dans le royal asile.

Sur le vieux Irône Us se sont assis tous.

Qu’un peuple est grand qui , pauvre , gai, modeste , Seul maître , après tant de sang et d’efforts,

Chasse en riant des princes qu’il déteste , .

Et de l’État garde à jeun les trésors î

Des fleurs, enfants, vous dont les mains sont pures ? Enfants, des fleurs, des palmes , des flambeaux! De nos Trois-Jours orne» les sépultures.

Comme les rois le peuple a ses tombeaux.

Des artisans, des soldats de la Loire ,

Des éqoliers s’essayant au canon ,

Sont tombés là, vous léguant leur victoire ;

Sans penser même a nous dire leur nom.

À ces héros la France doit un temple.

Leur gloire au loin inspire un saint effroi.

Les rois, que trouble un aussi grand exemple , Tout bas ont dit : Qu’esbeo aujourd’hui qu’un roi ,

Voit-on venir le drapeau tricolore?

Répètent-ils, de souvenirs remplis.

Et sur leur front ce drapeau semble encore Jeter d’en haut les ombres de scs plis.

En paix voguant de royaume en rnyaume,

A Sainte-Hélène en sa course il atteint.

Napoléon, giganlegquc fantonu*.

Paraît debout sur »*c* Toican éteint.

A son tombeau la main de Dieu PenlcTc.

«Je t’attendais, mon drapeau glorieux.

•Salut! > Il dit, brise et jette son glaire Dans l’Océan , et se perd dans les deux.

Dernier conseil de son génie austère !

Du glaive en lui finit la royauté.

Le conquérant des sceptres de la terre Pour successeur choisit la Liberté.

Des fleurs , enfans, vous dont les mains sont pures; Enfans, des fleurs, des palmes, des flambeauxl De nos Trois Jours ornes les sépultures ;

Comme les rois le peuple a ses tombeaux.

. Des corrupteurs la faction titrée

Déserte en vain cet humble monument;

En vain compare à l'émeute enivrée ,

De nos vengeurs le noble devoûment.

Enfans, en rêve, on dit qu'avec les anges Vous échangez la nuit les plus doux mots.

De l'avenir prédisez les louanges,

Pour consoler ces âmes de héros.

Dites-leur ; Dieu veille sur votre ouvrage.

Par nos erreurs ne vous laissez troubler.

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Du coup quici frappa votre courage ,

La terre encore a longtcmpa à trembler.

Mais dans nos murs fondrait l'Europe entière, Qu'au prompt départ de vingt peuples rivaux La liberté naîtrait de la poussière Qu’emporteraient les pieds de leurs chevaux.

Partout luira l’égalité féconde.

Les vieilles lois errent sur des débris.

Le monde aticicn fînit; d’un nouveau monde La France est reine , et son Louvre est Paris.

À vous , enfans, ce fruit des Trois Journées.

Ceux qui sont là vous fra^vaient le chemin.

Le sang français , des grandes destinées Trace en tout temps la route au genre humain!

Des fleurs , enfans, vous dont les mains sont pures; Enfans, des fleurs, des palmes, des flambeaux! De nos Trois Jours ornez les sépultures:

Comme les rois le peuple a ses tombeaux.

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