‹ Chansons de BérangerChapitre 276 sur 307 · ADIEU, CHANSONS · texte numérisé non relu

ADIEU, CHANSONS

Ain du Tailleur et la Fie , ou d'AngiUne.

Pour rajeunir les fleurs de mon trophée ,

Naguère encor, tendre, docte ou railleur,

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J'allais chanter, quand m’apporut la fée Qui me berça chez le 1>od vieuz lailleur. «L’hirer, dil-eile, a soufflé sur ta tète :

• Cherche un abri pour tes soirs longs et froids.

• Vingt ans de lutte ont épuisé la voix,

• Qui ii*a chanté qu’au bruit de la tempête.» Adieu, chansons! mon front chauve est ridé. L’oiseau se tait, l’aquilon a grondé.

«Ces jours sont loin , poursuit-elle, où ton âme

• Commo un clavier modulait tous les airst «Où la gaîté, vive et rapide flamme ,

• Au ciel obscur prodiguait ses éclairs.

•Plus rétréci l’horison devient sombre.

• Des gais amis le long rire a cessé.

• Combien là-bas déjà t’out devancé I

■ Lisette même , hélas! n’est plus qu’une ombre. « Adieu, chansons! etc.

« Bénis ton sort. Par toi la poésie

• A d’un grand peuple ému les derniers rangs.

• Le chant qui vole à l’oreille saisie

• Souffla tes vers même aux plus ignorans-

• Vos orateurs parlent à qui sait lire:

•Toi, conspirant tout haut contre les rois, •Tu marias, pour ameuter les voix,

• Des airs de vielle aux accens de la lyre. » Adieu y chansons! etc.

• Tes traits aigus lancés au trône même;

• En retombant aussitôt ramassés,

»De prè» , de loi» , par le peuple qui l’aime , «Volaient eu chœur jusqu’au but relancés. «Puis quand ce trône ose brandir son foudre, «De TÎeux fusils TabaUent en trois jours. «Pour tous les coups tirés dans sou velours,

• Combien ta muse a fabriqué de poudre! • Adieu, chansons 1 etc.

«Ta part est belle à ces grandes journées, «Où du butin tu détournas les yeux.

«Leur souvenir, couronnant tes années,

«Te suffira, si tu sais être vieux.

«Aux jeunes gens racontes-en l’hisloire; «Guide leur nef, instruis-lcs de l'écueil ;

«Et de la France , un jour, font-ils l’orgueil , «Va réchauffer ta vieillesse à leur gloire. • Adieu, chansons! etc.

Ma bonne fée , au seuil du pauvre barde ,

Oui , vous sonnez la retraite à propos.

Pour compagnon , bientôt dans ma mansarde J’aurai l'oubli , père et fils du repos.

Mais à ma mort, témoins de notre lutte ,

De vieux Français se diront, l’œil mouillé:

(I Au ciel, un soir, celte étoile a brillé {

»Dieu l’éteignit longtemps avant sa chute.» Adieu , chansons! mon front chauve est ridé. L'oiseau se tait, l’aquilon a grondé.

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