‹ Chansons de BérangerChapitre 280 sur 307 · L’ORPHÉON · texte numérisé non relu

L’ORPHÉON

LlTITiSIE ©, ,

auteur de la nouTelle métliode de renseitnomenl misir^i, après la dernière séance de l’Orphéon de 484d.

ÂiR :

Mon vieil ami, ta gloire est grande.

Grftce à tes merveilleux efforts,

Des travailleurs la voix s’amende £t se plie aux sarants accords.

D’une fée as-tu la baguette,

Pour rendre ainsi l’art familier?

11 puriGera la guinguette;

11 sanctiGera l’atelier.

Wiliiem, toi de qui la jeunesse Rêva Grétry, Gluck et Mozart,

Courage! à 1a foule en détresse Ouvre tous les trésors de l’art.

Communiquer à des sens vides Les plus nobles émotions.

C’est faire en des grabats humides Du soleil entrer les rayons.

La musique, source féconde,

Épandant ses Gots jusqu’en bas.

Nous verrons ivres de sou onde Artisans, laboureurs, soldats.

Ce concert puisses -tu l’étendre A tout un monde divisé 1 Les cœurs sont bien prés de s’entendre Quand les voix ont fraternisé.

Notre littérature est folle :

Fais'la rougir par tes travaux.

De meurtres elle tient école Et pousse à des Werthers nouveaux.

On l’entend, d’excès assouvie,

En vers, en prose s’essouffler

A décourager de la vie

Ceux qu’elle en devrait consoler.

Des classes qu’à peine on éclaire Relevant les mœurs et les goûts.

Par toi devenu populaire.

L’art va leur faire un ciel plus doux. Les notes, sylphides puissantes, Rendront plus lourd soc et marteau.

Et feront des mains menaçantes Tomber l’homicide couteau.

Quand tu pouvais sur notre scène Tenter un plus brillant laurier,

Tu choisis d’alléger la chaîne Du pauvre enfant de l’ouvrier.

A les leçons, large semence,

La foule aœourt, et les vois,

('apti vaut jusqu’à la démence ■*,

Vers le ciel diriger sa voix.

D’une œuvre et si longue et si rude Auras-tu le prix mérité?

Va, lie crains pas l’ingratitude,

£t ris-toi de la pauvreté.

Sur la tombe, tu peux m’en croire.

Ceux dont charmes les douleurs OnViront un jour à ta gloire Des chants, des larmes et des fleurs **.

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