L'OGRESSE
Aia : Foilà la petite laitière
Je suis, morbleu.
Madame Barbe*Bleu, Têtebleul corbleu 1 ventrebleu I
Tubleu ! dtmoîêeâux étourdis , Redoutez-mol : je suis ogresse.
Des ogresses du temps jadis ]’ai l’appétit et la tendresse;
Jurant, sacrant comme un démon,
A ma barbe je dois mon nom.
Je suis, etc.
Pour bien juger de quels morceaux Il faut que ma faim se repaisse , Galant, qui crains les longs assauts, Contemple cette barbe épaisse !
Sans trembler l’on ne peut la Toir; Elle déJtîraît le rasoir.
Je suis, etc.
Voulant TOUS détruire en un jour , Petits blondins, faibles espèces, Que Vénus balle le tambour Et lère un régiment d’ogresses»
Pourrons faire de belles peurs Je commanderai les sapeurs; •
Je suis , etc.
Malgré mes appétits gloutons , Jamais de jour qu’il ne me vienne Des barbes de tous les cantons Pour se mesurer à la mienne.
Barbe de prêtre , de robin ,
Barbe de Turc et de rabbin.
Je suis, etc.
Mais, quoi qu*on faue» je pitia ;
Et tout m’est bon lorsque je souffre.
Deux mille amants grandi et petits N’ont encor pu combler ce gouffre; Bien d’autreS) non moins échauffés,
De ma barbe mourront coiffés.
Je suis, etc.
J’aTalerais sans les mâcher.
En un jour, deux abbés, trois carmes.
Les six gros garçpns du boucher,
Huit portefaix et dix gendarmes;
Quand tout un bataillon viendrait,
Par ma barbe, il y passerait.
Je suis, morbleu ,
Madame Barbe-Bleu ,
Têtebleu, corbleu, ventrebleu I