‹ Chansons de BérangerChapitre 42 sur 307 · LE JOUR DES MORTS · texte numérisé non relu

LE JOUR DES MORTS

Aia : Mirliton. ( Les deux premiers ters de l’air sont

doublés.) '

Amis , entendes les cloches.

Qui, par leurs sons gémissants,

Nous font de bruyants reproebes

Sur nos rires indécents.

11 est des âmes en peine,

Dit le prôlrc intéressé :

vu

C'est le jour des morls , iniriitoU| iiiirlitaiuc;

RêquU$cant in pac» 1

Qu^en ce jour la poésie

Sème les tombeaux de Heurs (

Qu’à nos yeux l'hypocrisie

Les arrose de ses pleursf

Je chante au sort qui m'entraîne

Sur les traces du passé :

C'est le jour des morts , etc.

Méchants, redoutez les diables;

Mais qu'il soit un paradis

Pour les filles charitables.

Pour les buveurs francs amis ;

Que saint Pierre aux gens sans haine

Ouvre d'un air empressé :

C’est le jour des morts , etc.

Le souvenir de nos pères

Nous doit-il mettre en souci?

Ils ont ri de leurs misères; Des nôtres rions aussi.

Lise n'est point inhumaine;

Mon flacou n'est point cassé :

C'est le jour des morts, etc.

Je ne feux point qu^on me pleure, Moi f le boute-en-train des fous.

PuUsA-je I à ma dernière heure.

Voir nos Ris plus §ais que nousl Qu'ils chantent à perdre haleine ,

Sur le bord du grand fossé:

C’est le jour des morts, mirliton, inirlitaine: R0quie$eaiit in pae* I

>a>»s»a»e»<»a»e#e»e»s»a»a#eteiae»o— »»—a<*ae»

LA CENSURE

cHAifsoïc orr noüaOT vahuscsits kv vois d'aoot 1814,

Ain : Qu*ett-Cê que ça m’ fait à moi?

Que sous le joug des libraires ,

On lirrc encor nos auteurs Aux censeurs, aux inspecteurs, Rats*de-caTe littéraires,

Rioz*en arec moi.

Ah 1 pour rire Kt pour tout dire ,

11 n'est besoin, ma foi.

D'un privilège du roi I

L’état ayant plus d'un membre Que la presse eût fait trembler.

Qu'on ait craint sou franc*parler Dans la chambre et l'antichambre,

Riez>«n avec moi.

Abi etc.

Que eelte chembre iciuéc LaÎMe, aveo luumistion,

Sortir la procession Et renfermer la pensée,

Riex«eii avec moi.

Ab I etc.

Qu'uii censeur bien tyraninque De l’esprit soit le geôlier ,

Et qu’avec son prbioniiier Jamais il ne communique, Riea*en avec moi.

AhI etc.

Quand déjà l’on n’y voit guère', Quand on a peine à marcher.

En feignant de la moucher Qu'on éteigne la lumière, Riei-en avec moi.

Ah ! etc.

Qu’un ministre, qui s’irrite Quand on lui fait la leçon , Lise tout bas ma chanson Qui lui parvient manuscrite, Ries -en avec moi.

Ah I pour rire Et pour tout «lire ,

Il n’eit besoin , ma foi , D’un privilège du roi ‘

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