‹ Chansons de BérangerChapitre 49 sur 307 · TRINQUONS · texte numérisé non relu

TRINQUONS

Aia : La Catacoua,

Trinquer est un plaisir fort sage Qu’aujourd’hui l’on traite d'abus ;

Quand du mépris d’un tel usage Les gens du monde sont imbus ,

De le siiWrCj amii, faisons gloire , Riant (le (|ui peut s'eu moquer;

Et pour choquer ,

Nous proToquer,

Le verre en main, en rond nous attaquer D'abord nous trinquerons pour boire.

Et puis nous boirons pour trinquer.

A table, croyes que nos pères N'enviaient point le tort des rois ,

Et qu'au fragile éclat des verres Ils le comparaient quelquefois.

 voix pleine ils chantaient Grégoire, Docteur que l’on peut expliquer:

Et pour choquer ,

Se provoquer.

Le verre en main, tous en rond s'attaquer Nos bons aïeux trinquaient pour boire Et puis ils buvaient pour trinquer.

L’Amour alors près de uos mères , Faisant chorus , battant des mains, Rapprochait les cœurs et les verres, Enivrait avec tous les vins.

Aussi n'a>t*OD pas la mémoire Qu’une belle ait voulu manquer,

Pour bien choquer,

A provoquer.

Le verre en main , chacun à l’attaquer:

D'abord elle trinquait pour boire.

Puis elle buvait pour trinquer.

Qu*on boiv« aux maîtres de la terre , Qui n'en boivent pas plus itaiment;

Je veux, libre par caractère,

Boire à mes amis seulement.

Malheur à ceux dont rbumeur noire S’obstine à ne point remarquer Que pour choquer,

Se provoquer,

Le verre en main, tous en rond s’attaquer. L’amitié qui trinque pour hoire.

Boit bien plu* encor pour trinquer I

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