‹ Chansons de BérangerChapitre 54 sur 307 · MON CURÉ · texte numérisé non relu

MON CURÉ

CHAXiON QUI x'iST POINT A I.'0SA8t DIS CENS INTOtéRANS.

Air; On chanoine de OJaxerroi»,

Le curé de notre hameau S'empresse à vider son tonneau»

Pour quand viendra rautomne.

Bénissant Dieu de ses présens,

A sa nièce, enfant de seize ans»

Il dit parfois : Mignonne ,

Caclie>moi bien ce qu'on fera;

Le diable aura.ee qu'il pourra.

Eh I son» ion, zon, '

Baiie-luoi, Susoiiy Et ne damnons personne.

Fait pour chasser les loups gloutons Dois'je essayer sur les moutons Si ma. boulette est bonne?

Noni mais à mon troupeau je dis:

La paix est un vrai paradis Qu'ici'bas l’on se donne.

Surtout j*ai soin, tant qu’il se peut, De ne prêcher que lorsqu’il pleut.

£hl etc.

Les dimanches, point ne défends La joie à ces pauvres enCanst

J’aime alors qu’on s’en donne.

Du cbosur, où seul je suis souvent} Je les entends rire en Luvaiil Chez la mère Simone (

Ou j’ÿ cours mêmC} s’il le faut» ■ Les prier de chanter moins haut.

£h 1 etc.

Sans jamais en rien publier, •

Je vois s’enfler le tablier De plus d’une friponne.

S’épousc>t-oo six mois trop! lard , Fautdl baptiser un bâtard ,

C’est le ciel qui l’ordonne 1 Les plaintes fort peu me siéraient; Le ciel et Suzon eu riraient.

Eh ! etc.

Notre maire, un peu mécréant,

A maint sermon répond : Néant.

Mais que Dieu lui pardonne!

Depuis qu'à sa table il m'admet,

J'ai su qu’à deux mains il semait.

Sans bruit faisant l'aumône.

Or, la grâce ne peut faillir :

Puisqu'il sème il doit recueillir.

Ebl etc.

Je préside à tous les banquets:

A ma fête j'ai des bouquets ,

Et l'on remplit ma tonne.

« Mon érêque , triste et .bigot.

Prétend que je sens le fagot;

Mais pour qu'un jour , mignonne,

J'aille où les anges font leurs nids RcToir tous ceux que j’ai bénis ,

Eh I zon, son, zon,

Baise-moi, Suzon , '

Et ne damnons personne.

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