‹ Chansons de BérangerChapitre 94 sur 307 · MON HABIT · texte numérisé non relu

MON HABIT

Alt du vaudêoUU d$ Décence.

Soit-moi fidèle , ô pauvre habit que j'aime!

Ensemble nous devenons vieux.

Depuis dix ans je te brosse moi-mème ,

Et Socrate n'eût pas f^t mieux*

Quand le tort i ta mince étoflTe Lif rera de nottfeanz eombatf •

Imite>moi , résiste en pbflosopbe.

Mon vieil ami, ne noua séparons pas.

Je nie souviens, car j*ai bonne mémoire.

Du premier jour oû je te mis | frétait ma fête , et, pour comble de gloire,

Tu fus cbaoté par mes amis.

Ton indigence qui m'honore Ne m'a point banni de leurs bras :

Tous ils sont prêts à nous fêter encore;

Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

A ton revers j'admire une reprise;

C'est encore un doua souvenir.

Feignant un soir de fuir la tendre Lise,

Je sens sa main me retenir.

On te déchire, et cat outrage Auprès d'elle enchaîne mes pas.

Lisette a mis deuz jours à tant d'ouvrage;

Mon vieil ami , ne nous séparons pas.

T'ai'je imprégné des flots de musc et d’ambre Qu'un fat eshale en se mirant?

M'a«t*on jamais vu dans une antichambre T’esposer au mépris d'un grand?

Pour des rubans la France entière Fut en proie à de longs débats;

La fleur des champs brille à ta boutonnière : Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

Ne crains plus tant ces jours de courses vaincs,

Où notre destin fut pareil;

Ces jours mêlés de plaisirs et de peines, Uêlés de pluie et de soleil.

• Je dois bientôt, il me le semble, Mettre pour jamais babit bas; Attends un peu; nous finirons ei>semble; Mon Tieil ami, ne nous séparons pas.

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