‹ Chansons de Botrel pour l'école et le foyer [microforme]Chapitre 51 sur 62 · LL · texte numérisé non relu

LL

“Priez pour nous! priez sans’ cesse “Puisque nos gâs sont des ingrats!., .”

Allons! la Nuit n’est pas finie!

Priez tous au pays d’Armor, Hormis les gens à l’agonie Ou déjà surpris par la Mo:t1

L'ANKOU (:)

—Âllez dire de proche en proche

Au cœur-de-sable, au cœur-de-roche, Au “trop brave” comme au “tremblant” Que l’Ankou terrible s'approche

Avec son grand char noir et blanc!...

(1) L'ANKOU est, en Bretagne, la Personnification de la Mort: c'est i Ltun

l’ouvrier de la mort, le dernier t de l'année qui, dans chag=e paroisse revient sur la terre chercher les trépassés. mn je

En me voyant chacun demande :

“Quel est ce vieux qui, par la lande, S'en vient avec sa grande faulx ?

Il n’a pas une once de viande, Non, pas une once sur les os!”

C'est moi, l’Ankou!... L'Ankou qui brise Un os de mort dont il aiguise

Sa vieille faulx sur son genou...

Moi! qui puis te faire, à ma guise,

Le sang plus froid que le caillou!

Lorsque à le frapper je m’apprête. L'homme riche s’écrie: “Arrête!

Laisse-moi vivre un jour encor

Et je remplirai ta charrette

De mes grands coffres tout pleins d’or!.. .”

Un jour!!! pas même une seconde!

Car si j’acceptais, à la ronde,

Ne füût-ce qu’un demi-denier,

Nul ne serait riche en ce monde:

J'aurais tout l’Or du monde entier!

Qu’à sa tête on allume un cierge, u’avec l’eau bénite on l’asperge t perg Et que l’on jette un drap dessus:

Je n'ai pas fait grâce à la Vierge, e n'ai pas fait grâce à Jésus| P g

Au temps du Déluge et de l'Arche, On a vu plus d’un Patriarche

Vivre huit et neuf fois cent ans...

Pourtant à chacun j'ai dit: Marche!

Tous m'ont suivi... depuis longtemps

Tous! malgré prière ou blasphème :

Abel premier, Caïn deuxième,

Tous ceux de l'Ancien Testament !

Ceux du Nouveau: Sainte Anne même Monsieur Saint Jean pareillement |

Car je n’épargne pas un homme:

Pas plus le Saint Père, dans Rome, Que ses grands cardinaux mitrés : Je prendrai les Evêques comme Les Cloarecs et les Curés!

En pris les Rois avec les Reines, s grands Seigneurs dans leurs Domaines, Les Sabotiers au fond des bois, Les Soldats et les Capitaines, Les Artisans et les Bourgeois...

Ami, tu vas grossir leur nombre!

Dans le Soir de plus en plus sombre Entends-tu grincer un essieu ?

C'est Moi qui m’avance avec l'Ombre, N'attendant que l’ordre de Dieu!

Ce que tu prends, dans ta démence, Pour un Rayon de Sa clémence.

C'est la grande Faulx de l’'Ankon Qui peut, d’une envolée immense, aucher tous les Hommes... d’un coup!!!

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