LA COMPLAINTE DES AMES
Vierge Marie, à bonne Mère,
O bonne Mère de Jésus!
C’est ici la complainte amère
Que chantent ceux qui ne sont plus!
Nous venons en ce soir d'Automne, Frapper aux portes des Amis; C’est Jésus-Christ qui nous ordonne De réveiller les endormis!
C'est Jésus qui ouvre la tombe Où, Lui-même, un jour, est venu!
Holà! bien vite, que l’on tombe À genoux-nus sur le sol nu!
Dans vos lits-clos, couverts de laine, Vous dormez, vous, les bienheureux :
Les pauvres Ames sont en peine, Qui rôdent par les chemins creux!
Cinq morceaux de bois, vite, vite Cloués sur quelques linceuls blancs:
‘Voilà, quand il faut qu’on iles quitte, Ce que nous laissent les vivants!
Vous, qui dormez dans la nuit noire,
Ah! songez-vous de ue en temps
gues feu flambant du urgatoire ont, peut-être, tous vos parents ?
Ils sont là vos pères, vos mères, Feu par-dessus, feu par-dessous, .
Espérant en vain, les prières Qu'ils ont droit d'espérer de vous!
Songez-vous qu'ils disent peut-être À tous les Chrétiens d’ici-bas :
“Priez pour nous sans nous connaître,
“Puisque nos gâs ne le font pas!
“Dans le Purgatoire on nous laisse, “Priez pour ceux qui ne prient pas!