LES LARMES DE DU GUESCLIN
Poésie lue par l’auteur au pied de la statue du héros breton, à Saint-Brieuc.
Bonjour, Pays! Salut, grand Homme!
Je m'en viens troubler ton long somme
Pour te:dire que, ces temps-ci,
le rêvé que le Vent qui passe ’apportait, à travers l'Espace,
L'appel désolé que voici :
“ Ecoute! c’est moi, la Patrie, C'est moi, la France, qui te crie :
A moi, Guesclin! A moi, Guesclin!
Viens! © le plus brave des Etres!
Viens me venger encor des traîtres Qui rêvent encor mon déclin!
“ Entends mes plaintes, vois mes larmes!
S'il te faut des compagnons d’armes, Réveille tous les Endormis!
Viens revivre ton Epopée!
Que l'éclair de ta grande Epée
asse trembler mes Ennemis.
Viens! Il faudra que tu besognes, e tu disputes, que tu cognes,
i tu veux être encor vainqueur | Viens! car les Grandes Compagnies M'ont couverte d’ignominies Et vont me ronger jusqu’au cœur!!!
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Extrait de “ Coups de Clairon ”’—G. Ondet, éditeur.
Alors, j'ai vu sous ta paupière,
O Bertrand! des larmes de pierre
Qui s’en venaient de ton cœur mort,
Des larmes de rage impuissante
Qui de ta lèvre frémissante ombaient sur la Terre d'Armor...
Ft, de chaque larme tombée, Surgissait du sol une Epée,
La garde en bas, la pointe en l'air :
Et, pareil au blé quand il lève, Chaque glaive frôlait un glaive
Et chacun lançait un éclair!
Puis je voyais, en longues bandes, Nos gâs accourant par les landes, :
Le fermier près du châtelain; Et chacun cueillait une Epée Fière et solide... étant trempée Dans les larmes de Du Guesclin!
Pleure encor! Pleure avec la France, Puisque chaque pleur de souffrance Fait éclore un glaive puissant...
... Mais ceux qui causent nos alarmes Paieront, au centuple, nos larmes Avec des larmes de leur sang!
Oui! près de la France, regarde :
C’est nous tous qui montons la garde, Bretons! prêts à la secourir!
Car nous la voulons Grande et Belle!..,
Un Français doit vivre pour Elle Pour Elle un Breton doit mourir!!!
BRETONS TETUS
“Pour vous faire oublier vos prières naïîves,
Bretons, vos chapelets nous vous les brülerons!..… —Nous avons sainte Anne et saint Yves :
C'est devant Eux que nous prierons.
.— Alors, nous passerons les seuils de vos chaumières : Vos Saintes et vos us nous vous les briserons!... —Au pied des arbres des clairières, Devant la Vierge nous prierons.
—Hé! que nous font, à nous, leurs têtes séculaires : Tous vos grands chênes creux, nous vous les abattrons! —Ï1 nous restera nos Calvaires :
C'est devant eux que nous prierons!
—Avec nos durs leviers, parmi les folles herbes,
Tous vos Bons Dieux sculptés nous vo::: les abattrons! —Nous avons des clochers superbes :
En les regardant, nous prierons.
—De votre obscur passé quand nous fendrons les voiles, Vos fiers clochers à jour baiseront les pavés...
—Nous prierons devant les étoiles .:
Abattez-les, si vous pouvez! ”