‹ Chansons de chez nousChapitre 37 sur 54 · LA COMPLAINTE DU CHEMINEAU · texte numérisé non relu

LA COMPLAINTE DU CHEMINEAU

Pour me couvrir j'ons pas un toit ; ?

J'ons plus d'amis, j’ons plus d’fanrille

Tout c’ que j’ possède j’ l’ons sur moi:

Mes vieill’s guenilles !

Quand l’ bossu de Landivisiau Vous tailla, du col aux chevilles Vous étiez un bel affuuiau,

Mes vieill’s guenilles

[II

Les soirs de Pardons, grâce à vous,

J' fis battre, sous l’fichu des filles,

Plus de cœurs... que vous n’avez d’ trous, Mes vieill’s guenilles!

A présent, c’est fini l bonheur,

Les jeun’s années que l’on gaspille :

Vous êt’s la livrée du Malheur, Mes vieill’s guenilles | 2

De la ferme et de l’atelier

A ma vue on boucle les grilles .

Vous m'empêchez de travailler, Mes vieill’s guenilles |

Lorsque, le long des grands chemins, Je vas, me traînant comm les ch’nilles ELPs tont rire les p'tits gamins, Mes vieill’s guenilles!

L'Eté, ma fâ! ça marche encor :

Sous le bon soleil qui me grille Vous semblez quasi tout en or, Mes vieill’s guenilles !

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