LA COMPLAINTE DU CHEMINEAU
Pour me couvrir j'ons pas un toit ; ?
J'ons plus d'amis, j’ons plus d’fanrille
Tout c’ que j’ possède j’ l’ons sur moi:
Mes vieill’s guenilles !
Quand l’ bossu de Landivisiau Vous tailla, du col aux chevilles Vous étiez un bel affuuiau,
Mes vieill’s guenilles
[II
Les soirs de Pardons, grâce à vous,
J' fis battre, sous l’fichu des filles,
Plus de cœurs... que vous n’avez d’ trous, Mes vieill’s guenilles!
A présent, c’est fini l bonheur,
Les jeun’s années que l’on gaspille :
Vous êt’s la livrée du Malheur, Mes vieill’s guenilles | 2
De la ferme et de l’atelier
A ma vue on boucle les grilles .
Vous m'empêchez de travailler, Mes vieill’s guenilles |
Lorsque, le long des grands chemins, Je vas, me traînant comm les ch’nilles ELPs tont rire les p'tits gamins, Mes vieill’s guenilles!
L'Eté, ma fâ! ça marche encor :
Sous le bon soleil qui me grille Vous semblez quasi tout en or, Mes vieill’s guenilles !