‹ Chansons de Gaultier Garguille [pseud]Chapitre 113 sur 137 · A VAUGIRARD · texte numérisé non relu

A VAUGIRARD

Par ^1 £, I, 0, U, à renseigne des Trois Raves

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omme il n'y a rien de si chatouilleux au bas du ventre qu'une femme, ny qui puisse mieux luy faire frétiller les mentibulles de la matrice qu'un demy

I. Cette farce est, sauf quelques variantes, la même que celle qui a pour titre Id Farce de la querelle de Tabarin et dt Francisquine (Voy. le Tabarin de M. Aventin, édition clzevirienne, t. a, p. 401), et que cette autre, la farce de là Querelle de Jean Pousse et de Jeanneton, sa cousine, etc. Cette pièce est là douzième de celles que Caron a publiées dans son Recueil (1798- 1806, 9 vol. petit in-8]. Elle a paru aussi dans les Joyeusetez de Techener.

a. De même que celui de Gaultier-Garguille, ce nom de

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pied de la vive resemblance du laboureur de nature, de mesme Gaultier Garguille, homme de espect, in utroqae jure, scilicety d'yvrognerie, de gausserie, et sic de csteris, n'ayant plus pour object ny pour rebut qu'un demy grain a'honneur dans l'antichambre de la conscience; considérant que la fortune des putains est semblable aux exhalaisons de la terre, qui s'anéantissent par les moindres rosées ; enfin, touché de ce vif esperon, voyant que Perrine sa femme n'aquestoit rien en son mestier que des heritaiges dont les lots et ventes se payoient aux chirurgiens, et qu'au bout de l'an il ne se trouvoit au poulailler que bestes à fourage, comme poulains, fouaines et autres, dont la nourriture envoyé son possesseur à l'hospital , il fut résolu de luy faire une leçon en trempant les soupes, portant ces mots : Ma mie, ma fille, Perrine, foy de corporaP, je suis homme d'honneur ; je suis le dernier et le premier fils de putain de ma race ; vous estes du mestier il y a plus de trois sepmaines : vous sçavés que j'en ay le courage offencé jusques au crevé. Croyez-moy , je vous en prie, j'ayme mieux accroistre l'ordinaire de demy septier de citre que de plus vous voir ainsi roder tantost d'un costé, tantost de l'autre ; vous sçavez quel prof-

Perrine est un nom de personnage de comédie, et pas du tout le vrai nom de la femme de notre farceur. C'est un homme qui jouoit le rôle auquel il sert d'étiquette, de même que les rôles d*Alison , de Nourrice j de Dame Gigogne^ etc. Je ne sais comment s'appeloit ce comédien androgyhe.

1. Pour caporal. Il ne faut pas voir là une âvmologie, mais une faute que les gens du peuple firent penaant longtemps. (Voy. Ancien Théâtre, t. 7, p. 189.) Caporal vient de ritahen caporale, dérivé lui-même du latm caput.

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fit vous avez eu chez mon compère Bonaventure ; vous sçavez quel honneur j'ai receu depuis que vous couchastes chez le Borgne. La Balaiirée * vous dit bien ce qu'il en estoit; la petite Cas* conne' n'avoit garde (veu l'amitié qu'elle me portoit) de vous retirer en son logis; pour le marchand, elle est trop fine, de par le diable, pour laisser culter plus haut d'une heure en sa chambre; si c^estoit Olive', à la vérité, partant

1. Céxoit déjà sous Charles IX une des fameuses de Pa* ris. Le nom étoit resté comme enseigne de maison. Je lis dans la réimpression à petit nombre d'une pièce de 1 570 : Ban de quelquu marchands de graines à poil, et d'aucunu filla de Paris :

Jeanne la Grise un escadron conduit,

La Boulangère la suit ,

La Briottde vient après,

La Ballafrie n'épargne pas ses pas.

2. On les désignoit ainsi volontiicrs par le nom de leur province. On Ut dans une épigramme de Marot (liv. 7, épig. 6), laquelle, par parenthèse, se trouve être aussi le huictain dix-septième de Mellin de Saint-Gelais :

Jeudy dernier je fus chez la Normande , où je trouvay Annette et Marguerite

Il ne faut pas s'étonner de trouver les noms de ces demoiselles dans Marot et dans Saint-Gelais ; Ronsard , dans une pièce de plus haut style Hiv. 2, ode 10), parle d'une certame Barbe, qui étoit du même collège :

Et dy à Barbe qu'elle vienne, Les cheveux tors à la façon D'une folastre italienne.

Dans le Ban de quelqua marchands nous trouvons une fille de ce nom rue du Deux BouUes.

3. On trouve encore une demoiselle du même nom dans la pièce citée tout i l'heure. Une fois qu'il avoit été un peu

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que son drolle en eust jusques au gozier, elte aymeroît mieux rompre la table, amn que Pon fist la collation sur la couchette. Vous voyez, ma fille,- comme je cognois toutes ces personnes là. Hé ! de par Dieu , je sçay bien qu'en vaut 1 -aulne. En l'année mil sixxens treize, pour avoir descouché d'auprès de vos costés, je m'en allayau logis de la Culotte, où je fis une nverveilleiise rencontre. Premièrement, j'y trouvay le mari, qui faisoit assés de l'entendu pour un maquereau; il se rohdinoit, il fertilloit aessus son lict; il n'avoit point d'esgard à ma qualité; il se grattoit tousjottfs pour se faire rire, et à la fm, quand il eust considéré les traits de mon visage par les plis de mon haut de chausse , il commença de dire à une damoiselie coiffée de nuict : irRetirésvous avec monsieur. » Ce qu'entendant, et ne désirant de perdre temps, je l'empoignay et la conduits en une garderobe où il y avoit plus depoux, de puces et de punaises, qu'il n'y a de jours en Pan.

le croy, ma fille, quand vous sortez de céans

achalandé , le- nom servoit d'ensdgne pour longtemps. Oa lit donc dans le Ban de quelques marchands de graines à poil, etc. :

Olive viendra, Qui amènera aussi Mainte fille sans soucy...

Ne seroit-ce pas de ce nom , fameux dans le monde libertin , que seroit venu celui: d*Olivette , donné par Piron et quelques autres, pour leurs pièces du théâtre oe la Foire, k une soub|[ette quelque peu entremetteuse? Voy.,' sur ce personnage, l'article de M. Rolland de Villarceaux , Histoire de la suivante (Théâtre moderne), dans la Revue nouvelle ^ t. j,

p. 249-2JO.

Appendice. laj

pour aller coucher en ville , que vous n'avez guères de plaisir davantage :'car si d'un costé vous remuez le cul (ainsi que si vous y aviez un plein pannier de fourmis), d'autre ce vous est un grand rtiescontantement d'estre attaquée devant, derrière, dessus, dessous, adroite, à gauche, et au hazard encores du guet.

Ces remontrances, Perrine, sont maritales; j'ay plus de deux heures d'aage que vous. Cédez à la vieillesse et au respect que vous me debvez. Ce n'est point que je sois jaloux que vous passiez le temps joyeusement; mais il me desplaist de vous voir tantost une entrape » icy, une melandie là, et subjette enfin aux f/atres de l'Espature *; et outre ce qu'on me salue avec deux doigts ,. comme si je portois une aigrette à double branche.

Perrine. Mercy Dieu, vieil cornardi est-il temps de fermer la porte quand les chevaux sont eschappez? Le premier jour de nos nopces, quand je te demanday conseil comment je devois me gouverner, tu me dis à ma volonté; et maintenant tu me renvoyé de Cayphe à Pilate , tu me conte des fagots pour des cotretsî. Va, va, de par le diable ! va-t'en au vin, tandis que je mangeray mon potage : tout ce que tu me contes ,. vois-tu, passe par une oreille et sort par l'autre. Si ces vieux courtiers d'amour (dont tui me parles) ne sont point de mes amis, j'ay ma com-

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