Voy. plus loin, p. 202, note
5. Tonte 4,1). J $4. — C^st'lB ûvoe jouée aiucHulkoBidoiit nous avons fârlè dos une des notes qui i^écèdem.
Ixxij La Farce et la Chanson
fois, joue un vieillard », et Turlupin, qui représente un valet. Les autres personnages sont Florentine et Horace, tous aeux certainement d'origine italienne, leur nom l'indique assez» Comme vous le savez, en çffet, le mélanse des deux théâtres, l'accouplement des rôles oe l'un avec ceux de l'autre, s'étoient faits depuis longtemps : l'Italienne Florentine pouvoit donc être sans encombre lafille du Parisien Gros-Guillaume, de même que Francisauine , autre fille d'Italie *, pouvoit se faire, sans dire gare, la femme du farceur Tabarin, venu de Lorraine pour parader sur les tréteaux du Milanois Mondor, avec un nom italien ?. Ce bariolage de types ne s'arrêta point là , et nous allons bientôt voir arriver au théâtre frahçois l'Isabelle, le Scapin,le Crispin4, leCovielle des farces italiennes.
Si Gaultier Garguille eût déjà joué à Paris du temps de Henri IV, nul doute qu'il n'eût été mandé au Louvre avec Gros-Guillaume , car il
1 . Gaultier Garguille, s'il eût alors fait partie de la troupe, auroit certainement joué ce rôle; car, d'après Tallemant, c'est lui qui d'ordinaire faisoit le vieillard (édit. in- 12^ 1. 10, p. 41).
2. Dans les Comédiens de la Cour, pasquil de 160^^ qui se trouve aux manuscrits de la Bibliothèque impériale, n® 7, 2 37, et que l'Estoile a reproduit en partie (27 octobre 1603), Francisquine figure comme type italien :
Pour être maquerelle, ainsi aue Francisquine^ H faudra qu'elle serve et -guiae les amours.,.
En devenant femme de Tabarin , elle ne changea guère de métier.
3. Le nom de Tabarin vient en effet de l'italien tabaro, manteau. {Œuvres de Tabarin, Biblioth. eizevir., 1. 1, introd., p. X, note.)
4. Les Généreux ennemis de Boisrobert, joués en 1654, sont la première pièce françoise où ce type ait paru.
AU Théâtre avant 1660. Ixxiij
étoit aussi plaisant que lui dans les rôles dont le roi s'amusoit le plus : <( Il contrefaisoit admirablement un Gascon , écrit Sauvai », soit pour le geste, soit pour l'accent. » Mais, je le répète, il devoit alors jouer en province, sans doute même à Rouen , comme je l'ait dit , et comme tendroit à le prouver la dédicace que lui fit de ses Regrets facétieux, etc., le sieur Thomassin, qui étoit, en 1632, comédien en cette ville. L'hommage qu'il adresse ainsi à Gaultier Garguille me semble le souvenir confraternel d'un pauvre diable de farceur resté en province à son ancien camarade devenu célèbre à Paris. Gaultier Garguille, en effet, s'y trouvoit enfin en 16} 2. Mais avant d'en dire plus long sur son compte, il faut que je m^explique en quelques mots au sujet des noms de théâtre portés par lui et par ses camarades. Ces surnoms étoient en usage en France depuis qu'on y jouoit des mystères , sotties et farces, et l'on va comprendre sans peine ce qui les avoit fait adopter, et même rendus nécessaires. Le théâtre ^ y^ ^"g ines étoit che z nous unamu- ^sement. et non unméber • des atill^ de ious états prenoient part à ses Jeux , aes prêtres , des artisans *, et des basochiens , c'est-à-dire de fiir turs magistrats. Il pouvoit n'être pas déshonorant pour la personne de se montrer sur la table de marbre du Palais ou sur les tréteaux des Halles , au jour du mardi gras , en habit de farceur, avec le masque ou la mine bien enfarinée ; mais pour le nom , si l'on ne prenoit pas la peine de le travestir aussi, c'étoit autre chose.
2. VOY. la Chasse au vieil grognard de l'antiquité y dans les Variltis histor. et littir.^ t. 3, p. $3.
Iscxk La Farce et la Chanson
Apipès q!i%n Iràaurok acqrô une renommée buph^jcve -en ces annisemens , S n'eût pas évé bien ^venu, ce me semble, dans les drgnités de !^ glise , dans les charges du palais , ou mém^e liflii» cdles/plus modestes, des métiers. On ledégu»ok donc, comme m s^étoit déguisé soi-^mème avant de monter sur ces théâtres. La chose n'étokpas difficile : le choix «du rôle entraînoSt presque toufours celui du costume et du surnom ; le tout ensemble fbrmoit un type complet; Phabit n*alhMt point sans 'le nom comique et le nom sans habit. Ainsi CoUeiye , le chanoine d'A'uxerre, endossa l'un et l'autre, du même coup, le jour où, pourf aire son cry aux gentils suppôt et leur chanter ses rondeaux, il se fit appisler Roger B^fh temps K Quelquefois lentiom et le costume étoîent mieux qu*un aégoisement, c^étoit IHnsigne d^me drgnké dans k hiérarchie comique : ainsi, lorsque Gringore revêtît l*hafbit et prit le mm et Mère S&ite, il aveit irtteint la plus illustre position qu'on f(n occuper dans la société des Enjamfs sma-^oucy'f.
L'usage des surnoms dans ce mtmde des fiaR>ces -étoit si bien admis, que les fous de cour 'eux-mêmes en avoient toujours un : Caîltette, Brusqfuet, SiWlcft, etc., ne nous sont
1. Dsms'la MardHti dt Phomme piâieuTy Franc -Arbitre panâssdt habillé len .Huger Ennemps. (Ftèvés fîarfaiet, 1. 1,
S. .89^') On disoit .«lusi Rouce Boiiteinp8,ipQi]t-<éiFe à cause t la couleur du costume. (H. Estieime, Deux dialogues Ju rtounau langage français italianisé, in-8, p. 59.9.)
2. Œuvres de Gringare, Biblioth. clzevir., t. i, p. vfn]. Je ne sais quel étoit le costume de Mère Sotte. Quant à celui du chef des confrères de la Passion , c'étdt un tong[ habit gris, d'une fonne semblable aux vêtements ecclésiastignes. (Duport, Vie de Jean d*Àngoulime, 1589, ni-8, p. 116.)
AU Thi&atre ayant r66o. Ixxv
0emnHB que par leur isumom , tJt il «n est bien peu, cmnrae Louis de la tProie, dit la Farce, dont le nom véritable nous soit parvenu. Il est vrai que cehn^là étoit moins <im fou en titre d'<^ fice que gouverneur de ThoBjm , qui étoit in- ▼e^ de cette belle charge en 1 560 1. Le même nom eeft quelquefois commun à un fou de <cird' et à un personnage de farce , tant il y aivvit d'affimté entre l'office de bouffon pdblic et -celui debouffondu roi. Un Triboulet fig^, par esem- |ile, avec le Rvides Sots, dans la trente^builîène laorce de V Ancien- Théâtre^; et le fameux Sei^ •Jean , bisaïeul de Caillette, comme dit Rabelais , q^raco]Ae>de hii un si bon tours, seretrouve^en 1580 dans une pièce imprimée à Lyon, Comédie M Ségne Peyre et Seigne Joan,
Les joueurs de fiirce , inrec une mtention de parodie qui devoit tout natureUement leur venn% aocolèrem souvent à leurs noms de ibéâtve des ^tres empruntés aux dignités de l'Église cm à la noblesse. Nous avons déjà nommé un certain nombre d^bbés burlesques; or, il y avoit de «Dftime des comtes, des barons de la farce. Mbrot nous a laissé Tépitaphe d'un basocUen qui se faisoit appeler le comte de Salles 4; Henry fistienne î parle d'un marquis d!Argencourt^qui me semble bien ausu avoir été un farceur. En tout cas, il étoit d^une nobiiessse qui
I . Cûtal. Âa .flKhhfes ât M, ^leJuron de JflUBSuvaiilt , fimniièirpaiiiey'p. 64^. n« 447..
-^ Lr. 9,i11u )6.