‹ Chansons de Gaultier Garguille [pseud]Chapitre 34 sur 137 · Dialogues du nouveau langage français italicaùsL · texte numérisé non relu

Dialogues du nouveau langage français italicaùsL

Ixxvj La Farce et la Chanson

ne s'est pas perdue. Dassoucy > nomme plusieurs fois un baron de Plancy qui faisoit des chansons, et n'étoit, lui aussi, qu'un grotesque; et enfin l'on connoît de reste le comte de Permission 2 et le baron de Grattelard.

Les farceurs au nom roturier ont survécu davantage. Qui ne connoit le célèbre Gringalet dejs tréteaux de la Foire ? Noël du Faïl parloit de lui au X Vie siècle dans ses Contes d'Eutrapeh, et un siècle après, Guillot Gorju, voulant s'expliquer devant le public, le prenoit pour interlocuteur 4. Le non moins fameux Lajmgeole, dont le théâtre de Guignol tilsL^^iècedeVOurs etle Pacha, aux Variétés, furent les derniers champs d'hon- I neur, figuroit déjà dans les chansons du temps de Louis XIII 5, et Jocrisse, vers le même temps, étoit dans la pleine fleur de son illustre niaiserie ^. Les comédiens de bas étage qui s'en vont, comme on dit, rôtir le balais dans les provinces , avoient déjà un patron tout baptisé , le sieur Cabotin, célèbre opérateur nomade, qui, de même que tous les gens de son métier, étoit tout ensemole impressario et charlatan , vendoit des drogues et jouoit des farces 7. Jean de La-

1. Ayentares burlesques, édit. Colombey, p. 47; VOvidc en belle humeur, 1664, in-12, p. 83.

2. Voy. Variétis histor. et littir., t. 8, p. 81, note. }. 1732, in- 12, deuxième partie, p. 64.

4. Voy., dans les Joyeusetez de Techener, le débat et Facétieuse rencontre de Guillot Gorju et Gringalet,

' 5 . La Comédie des Chansons, Ancien Théâtre, t. 9, p. 1 67.

6. Le Ballet des fées de la forit de Saint-Germain, dansé par le roi le 11 février 162$, et celui des Quolibets (1626), nous le montrent déjà dans l'exercice de ses fonaions. Voy. Variétés histor, etlittér,, t. 4, p. 281, 282, note.

7. Viollet- Leduc, Biblioth, poétique, première partie, p. 45y,5i8.

AU Théâtre avant 1660. Ixxvij

gny fut immortalisé par les bouffonneries de tréteaux » avant de l'être par le proverbe populaire. Quant à Jeannot, il me parolt être bien proche parent du Jenninot des farces du XVIe siècle ^, et aussi du badin Janicot , dont on trouve Fépitaphe dans les Œuvres et mélanges poétiques de Pierre le Loyer 3. Il savoit

Ores sa face enfariner, Et puis quelque farce tonner; Ores sans aucune farine Montrer une troigne badine, Se feindre un lourdaut contadin.

Ou un bergamasque Zanin....

Cette badine trogne me donne à penser que notre Janicot et celui de certaine nouvelle de Des Periers4 sont le même homme, le même ivrogne.

Les joueurs de farce, comme vous voyez, s'enfarinoient déjà. Qui sait si ce n'est pbmt à cause de ce masque blafard, les faisant ressembler à un boulanger, pistor en latin , pistori dans la langue romane 5, qu'on leur a donné le nom de pitre, qui se trouve déjà dans Saint-Amant ^.

Montaigne parle des apprentifs badins de son temps qui se olanchissoient ainsi le visage 7, et

1 . Il figure dans la trentième farce du Recueil Le Roux de Lincy. Messire Jehan se trouve dans plusieurs. Dans la Menippie, Jean de Lagny reparoît souvent; il y personnifie le duc de Parme, et ses lenteurs. On prononçoit Langny. (Ldi Satyre Menippie, I7ii,in-I2, t. i, p. 245, 248, etc.)

2. Ancien Théâtre français (Biblioth. elzevir.), 1. 1, p. 289. j. Paçei52.

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